Fétourné Roxane Peyronnenc : « L’oeil féminin sur le rap »


Interviews / mardi, novembre 27th, 2018

Entre rêve et passion , envie d’entrepreneuriat mais surtout envie de croquer le monde en équipe , rencontre avec Roxane Peyronnenc photographe parisienne de 20 Ans à l’origine de l’exposition un « Oeil féminin sur le rap ».

Yo Roxane ça roule ?

Ça va au top l’équipe merci.

Présente toi pour ceux qui te connaissent pas .

Alors je m’appelle Roxane Peyronnenc, j’ai 20ans. Dans la vie je prends des photos et je fais pleins d’autres petits trucs autour du rap.

20 Ans et déjà quelques shoots au compteur . XtrmBoyz , Pouya , Suicide Boyz , Flatbush Zombies , Les gars du Dojo et la liste est encore longue. Pas trop dur avec les études d’être aussi présente ?

C’est dur dans le sens où le rythme n’ est pas facile tous les jours, ça dort pas beaucoup, je n’ai plus un moment pour moi avec les cours + la photo (à une période j’étais barmaid en plus laisse tomber mon sommeil). Mais après c’est un choix de vie, la passion prend le dessus sur le reste et au final c’est uniquement des sacrifices qui finissent ou finiront par payer.

post malone

« L’oeil féminin sur le milieu du rap » c’est un projet que tu as exposé en juin tu peux en parler un peu ? D’où est née l’idée ? et maintenant que tu as exposé , c’est quoi la suite ?

Yes ! Bah c’était la deuxième fois que j’exposais, mais cette fois – ci j’organisais tout toute seule, donc j’avais besoin d’un vrai concept. Ça faisait un an tout juste que je m’investissais à fond dans la photo,il fallait que je me trouve un concept original, propre à moi, une sorte de carte de visite. Alors j’ai pensé à la réalité simplement : une femme dans un milieu d’hommes. J’essaie d’apporter une vision plus douce, plus intime des artistes avec qui je taff.

La suite c’est un gros projet, la continuité de ce que j’ai fait en 2 ans : la photo et organiser des concerts. Alors je vais faire une grosse exposition pour mai 2019 : avec des concerts en même temps d’artistes avec qui j’ai bossé. Ça arrive très vite.

Comment tu vis le fait d’être une meuf dans le rap ça rend les choses plus faciles ou pas ?

Carrément pas plus facile, c’est même carrément plus compliqué.Y’a encore beaucoup de stéréotype dans le rap (même moi avant d’être vraiment dedans j’en avais) et une fille avec des rappeurs c’est souvent associé à une groupie tu vois?
Donc c’est un peu plus compliqué d’arriver en temps que meuf dans un milieu de mecs, que ça soit bien interprété ou encore avoir de l’autorité lors d’un shooting etc…

slimka

C’est plus compliqué mais ça apporte des trucs cools : un côté plus doux comme je disais.Quand t’arrive à te faire une petite place comme meuf là dedans on va avoir tendance à te voir comme une soeur ou une maman donc les images vont être plus significatives.

Tu est souvent derrière les photos de LTF ,  comment est né la connexion avec eux ?

Yes, autant que je peux en tout cas j’essaye d’être avec eux.

Alors LTF je l’ai  rencontré lors d’un concert en 2017, je venais tout juste de reprendre la photo et juste de comprendre que la photo de concert me faisait kiffer. Je me suis retrouvée à shooter une de leur Maroquinerie, un de nos amis en commun nous a présenté : en effet j’en avais déjà croisé certains qui trainaient vers le 20 ème (chez moi).

Après le concert on a shooté dehors, le soir même les photos étaient dans leur mails : ils ont kiffé mon taff et c’est parti de là. Ils ont commencé à me prévenir des concerts, des clips.. et puis au delà du taff, pour la plupart un vrai lien s’est créé et c’est devenu la famille.

Ce sont les premiers à m’avoir donner de la force.

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Avec Insta , on en voit pour tous les goûts , les shoots de concerts se sont répandus et y’a une grosse émulation autour de ça. Pas trop dur de tirer son épingle du jeu avec toute cette « concurrence ? »

Oui c’est clair, aujourd’hui tout le monde fait de la photo, ça devient dur de se diversifier et se distinguer des autres. Mais avec du recul et les retours que j’ai, il y’a un point qui se distingue : c’est la proximité. En effet je bosse beaucoup avec des artistes avec qui je bossent en continu, c’est à dire, pas que une seule fois. Donc le lien se crée, on discute, on fait part de nos envies mutuelles etc. Ce qui facilite la création et donne un travail différent des fois. Par exemple avec LTF que je suis depuis le début de ma “carrière” leur fans me disent souvent que grâce à moi, ils rentrent un peu plus dans leur intimité. Je pense que j’arrive, quelques fois, à montrer une autre image d’eux ou alors ce que eux on envie de montrer, puisqu’il y a le dialogue facile.

Le truc c’est que c’est un milieu hyper compétitif, aujourd’hui tout le monde est “photographe” et en photo de concert c’est encore pire. Et pour ce qui est des photos de concerts, j’ai réussi à me faire ma toute petite place parce que j’essaye d’innover souvent, de faire des collages, des retouches des fois très différents etc.

Et pour finir, parce qu’on m’appelle le serpent dans ce milieu… ton concert se fini à 23h, tu peux être sur que avant de te coucher, les photos seront dans la boite mail. Les gens aiment l’efficacité.

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En parlant de « concurrence » tu les voit comme telles? où tu es plutôt dans l’optique que chacun a une place a se faire?

C’est vrai qu’au début t’es souvent dans une optique où t’as la rage, envie de faire ta place donc t’as envie d’envoyer se faire foutre la concu on va dire ahah.
Mais à partir du moment où tu te prouves  ce que t’as à te prouver à toi même et que t’es en phase avec ton taff, aucune raison pour voir mal les autres. Maintenant je suis du genre à penser que chacun peut se faire une place.

J’ai crée de jolies amitiés avec des gens qu’on aurait pu qualifier comme “concurrence” parce qu’on tape dans le même domaine : par exemple Camille Pioffret.. on arrêtait pas de me comparer à elle, puis au final on est devenu amie, on se donne des conseils, on fait des concerts ensemble et je compte bien donner toute ma force pour bosser avec elle pour le média qu’elle a crée : SHADOWZ.

Je trouve ça dommage les photographes qui se détestent entre eux, tout simplement parce qu’ils ont peur que l’autre soit plus fort que lui. Si t’as peur de donner de la force à d’autres artistes, c’est que t’as pas assez foi en ton travail…

Yseult , LTF , Tengo John la plupart des gens que tu shoot ont l’air d’êtres devenus des amis . En fait vous créer une bande remplie de talent , c’est quoi le projet ? «  Le monde ou rien ? »

Ahah le monde ou rien c’est le scénario hein..

En vrai c’est des choses qui se font naturellement, y’a des gens + tu vas bosser avec eux + le lien va se créer comme avec LTF. Puis y’a des gens ça paraît évident comme Tengo, c’est quelqu’un de formidable, j’ai beaucoup d’admiration en ce qu’il fait et la personne qu’il est, ça donne envie d’en faire de jolies photos.
Ou alors c’est du pur hasard : Yseult on s’est rencontré sur un shooting d’une marque de Londres, on a discuté, elle m’a dit qu’elle chantait, moi que je prenais des concerts et on s’est dit que ça serait fun de bosser ensemble, l’amitié s’est créée avant même de shooter.

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Y’a un tas de gens talentueux qui se connaissent et se donnent de la force : Tengo est pote avec des gars fous comme Beeby, Fa2L, Salakid : qui lui même est pote avec Luidji avec qui je bosse souvent : qui lui même est pote avec Dinos : qui connait Yseult.. enfin toutes les connexions se font.

Et c’est ça que je trouve beau, arriver à créer des connexions parfois improbables mais en se donnant un max de force.

Comment est venu la passion pour la photo ?

Je fais de la photo depuis toujours, enfin quand j’étais petite je piquais l’appareil de ma maman. Elle prenait beaucoup de photos, mais à titre personnel ; de ses voyages, de sa famille.Je lui piquais pour faire des shooting photos (ridicule) avec mes copines.

Donc j’en fais depuis toujours, mais je m’y suis vraiment remis en avril 2017 : j’étais en stage pour un média et fallait aller sur les événements partenaires et un jour je me suis dis : tiens, pourquoi pas prendre des photos ça m’occupera. Donc j’ai emprunté l’appareil d’une copine et j’y suis allée. Le soir même je retouchais les photos, et j’ai adoré ça. Et c’est parti de ça. De nul part mais j’ai tout de suite été à fond.  Je passais déjà 3/4 de mon temps en concert alors pourquoi pas en faire quelque chose d’encore plus productif.

Après plus j’avais de bon retour sur mon travail, plus ça m’a donné envie de m’y mettre sérieusement. Pendant des mois je shootais avec les appareils de copines à moi, j’avais même pas mon propre matériel !

yseult

C’est quoi ta source de motivation principale ?

L’amour du rap et fermer la gueule des gens qui y ont pas cru.

Un conseil à ceux qui veulent se lancer ?

C’est le conseil le plus con mais le plus réel : pratiquer un maximum. Prendre le plus de photos, s’entrainer aux retouches pour s’améliorer. Quand je regarde mes premières photos de concerts je les assume presque pas ahah.

Avec autant de shootings à ton actif , c’est quoi le plus fou que tu dis réalisé? celui qui t’as laissé le meilleur souvenir?

C’est pas le plus fou en terme de photo genre mes plus belles photos, mais c’est le plus fou dans l’histoire.
Quand j’ai pu shooter Meechy des Flatbush Zombies. Il m’avait écrit après les photos que j’avais faites de leur concert à l’Élysée Montmartre, il avait partagé mes photos et avait kiffé mon taff. Donc il m’a proposé de shooter quand il passait à Paris à la fin de la tournée. Et on l’a fait.

J’y crois toujours pas.

flatbush

C’est une question que j’aime poser , mais à Paris on voit une génération (la notre) hyper axée sur les réseaux sociaux et surtout hyper charbonneuse , plein de positivisme et d’encouragement entre eux. C’est quoi ton avis sur tout ces entrepreneurs ?

C’est le feu. Franchement, on peut dire tout le mal du monde sur les réseaux, sur notre génération accès sur tout ça mais ça apporte des connexions et de l’amour à fond.
Que des inconnus te donnent de la force sur ton taff c’est incroyable, recevoir des messages sur ton taff c’est une sacrée victoire.

Surtout que la plupart on arrive à avoir LA bonne vision des choses : c’est à dire on va partager le travail de quelqu’un sans justement penser à la concurrence sans se dire “wa mais non faut pas partager, ils vont préférer sont taff au mien…” : non on se donne tous de la force et ça fait un bien fou..

luidji

Et quand on voit les connexions que ça fait c’est trop cool. Entre les graphistes qui se connectent avec des photographes, les marques de vêtements avec des rappeurs, les réseaux ça ouvre des possibilités folles.

Par exemple y’a 2 semaines j’étais sur le tournage de Luidji, y’avait aussi @letriplesept que vous avez interviewé : il avait le pull de Seas, un mec qui a une marque de vêtements trop cool. Ça se donne de la force dans tous les domaines, c’est ça qu’on veut.

Si tu devais faire tourner les réseaux de quelqu’un (où plusieurs personnes) pas assez mis(es) en avant où que tu respectes qui seraient les heureux élu(e)s?

Y’a un tas de monde mais en photo/video :

Camille Pioffret , Alan Benoit  ,  Abbadkha ,16h 20   et Adrelanine

Tu prévois quoi pour 2019 ?

Principalement mon gros concert / expo. Avoir mon diplôme. Ensuite de continuer à faire ce que j’aime.
Mais j’ai envie d’aller plus loin, voyager un maximum avec le taff, aller en Italie bosser avec la scène de la bas, pareil pour le Maroc..

ça te dit de jouer le jeu de la playlist « Dans le casque de ? » Le principe est simple une liste de 10/20 sons que tu écoutes et que tu veux partager .

Lasco – Paris Nord : la famille avant tout
Capo Plaza – Giovane fuoriclasse : italie vie
Yseult – Diego : son album arrive vite
OUENZA – Me vuelves loco (feat. Maruan, Fritz & Mars) : le mélange de culture
So Clock – Pour Eux : la famille toujours
Red Hot Chilli Peppers – Under The Bridge : inlassable
Sch – Le code : incroyable
Jasmïn – Dive : la douceur
Shobee & Madd & Laylow (NAAR) – Money Call : comment découvrir le rap marocain
PLK – Idiote : parce qu’on aime bien être idiote des fois
Tengo John – Aurevoir : l’amour c’est pas toujours tout rose
Josman – TIM€  : parce qu’on a pas trop le time pour ces bitches
Flatbush Zombies – Thug Waffle : parce que Flatbush Zombies
The Kooks – Naive : parce que quand je l’écoute j’ai toujours 13 ans
.Hash24 – Eve : parce qu’il mérite plus de succès
Paul Kalkbrenner – Sky and Sand : parce que y’a pas que le rap dans la vie
Ghali – Habibi : encore un peu d’Italie
Sheldon & Shanka – Atlantide : parce que le DOJO mérite tout l’amour du monde
Dimeh – Channel : la famille pour finir

Sa playlist

Un dernier mot ?
Force à ceux qui négligent (comme dirait Limsa)

Cora & Aztek soif de rap

Fétourné : Interview letriplesept , Fondateur de la playlist La Ligne 12

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