Myth Syzer délivre des Bisous Mortels


Chroniques / mercredi, décembre 12th, 2018

Alors qu’il nous avait livré son premier abum, Bisous, en avril, le beatmaker français Myth Syzer revient déjà avec une nouvelle mixtape. Sortie le 30 novembre, dernier avec une tournée à travers la France tout juste terminé, Bisous Mortels est le parfait opposé du premier album. Composé de seulement 10 morceaux, le projet se réoriente vers l’univers de base du membre de Bon Gamin, le rap. Déjà connu pour avoir produit de nombreux morceaux, comme Périscope du belge Damso ou encore P-Town de Jazzy Bazz, Myth Syzer décide de chanter sur ses propres prods et réussi plutôt bien. Encore en manque d’assurance pour chanter seul sur un morceau complet, chaque morceau est en featuring, avec des collaborations d’artistes réussies. Une mixtape coproduite avec ses amis Ikaz Boi, Nico Bellagio, Ponko ainsi qu’un américain, surtout connu pour ses tutos, Ohmai.

Une mixtape différente en tout point de ce que l’artiste nous avait livré, jusqu’à la pochette. Myth Syzer apparaît, le visage abîmé, en piteux états, de face, comme une sorte de photo d’identité. Il décide enfin de se montrer clairement et d’assumer ce nouveau statut de « chanteur ». De plus, son aspect physique sur cette cover reflète son album : un homme abîmé intérieurement laissant défouler sa rage, sa tristesse et quelques relents d’amour, de plus en plus rares.

Le premier clip est sorti le même jour que la mixtape. On y retrouve Ateyaba, anciennement Joke, qui revient de plus en plus sur le devant de la scène, et Lino, déjà bien connu du public rap. Cross, deuxième track, est un mélange de trois univers différents mais complémentaires. Tous font référence à la richesse et aux femmes. Les plans du clip, relativement court, donne un dynamisme incroyable. Chaque image est parfaitement calé sur le tempo, et même sur les paroles, notamment quand Ateyaba parle de glitchs, qui viennent ensuite envahir l’image. Les teintes de violets, très présente, rappellent le titre de l’album tant attendu de l’ancien Joke, Ultraviolet.

« Comme un boss, j’roule en cross »

Après un premier album très loveur des années 80, Bisous Mortel semble être un alien. Pourtant, le dernier morceau de Bisous, semblait annoncé cette suite bien plus mouvementé. Un premier morceau au titre évocateur, Massacre, avec Oldpee, membre du groupe 13 Block, plonge immédiatement l’auditeur dans le bain, un bain plus que sanglant. Délaissant sa voix douce, Syzer crache ses paroles, et on entend même son fou intérieur hurler. 2 XA, qui réunit le collectif Bon Gamin, dans la même ligné, semble exprimer une rage folle ou une folie enragé, il est dur de savoir avec ces trois artistes.

« Mais c’est comme ça, on finira tout seul, on finira par canner »

Une nouvelle collaboration également avec les XTREM Boy suisses, Di-Meh et Slimka. Une collaboration explosive, avec Lovenni, très présent dans ce projet, aux plus grands plaisirs du public. Un morceau entre « fou HP » et egotrip, du rap avec des sonorités presque reggae, pour un mix parfait.

« J’suis comme Nike, t’es comme Kipsta, j’suis sur l’terrain »

Myth Syzer a cependant décider de ne pas poser sur deux morceaux, Jeep avec Hamza et Non Stop de Leto, et se suive même dans l’ordre de lecture, comme une sorte de pause. Il voulait rappeler, qu’avant de chanter, il est beatmaker, c’est sa passion première et ce pourquoi il fait de la musique. De plus, il a avoué que le morceau Jeep, n’était pas terminé ! En effet, on entend durant le morceau, une partie où il n’y a aucune voix, ce qui semble pourtant voulu de la part de l’artiste. Peut-être fera-t-il une réédition ?

« j’suis comme Nike, t’es comme Kipsta, j’suis sur l’terrain »

Malgré une volonté de changer de style, certains morceaux font échos au côté loveur du beatmaker. Toute la nuit (Lovenni) et Oups (Zed et Zefor) parlent de l’amour porté aux femmes, mais aussi des difficultés à concilier amour et envies. Des déclarations d’amours arrivées trop tard et d’amers regrets accompagne ces morceaux.

« Je ne peux pas regretter maintenant car tu n’es plus là »

Toujours en marge dans ce qu’il fait, l’artiste montre aussi qu’il a été capable, malgré les critiques et ses détracteurs, de réaliser ce qu’il voulait. Le titre Vilain (Alkapote, Jok’air) est clairement la de revanche des « moches », ou plutôt des « vilains ». Les trois artistes se targuent d’avoir finalement réussi, et de pouvoir obtenir les femmes, la drogues et l’argent dont ils rêvaient. Une notion d’argent, de richesse et de réussite qui se retrouve dans l’ensemble de la mixtape.

« Personne n’a cru en moi, comme Yamcha ou bien Krilin »

Une mixtape qui complète donc le premier album en quelques sortes, comme le jour et le nuit ou le ying et le yang. Des featurings incroyables, des univers qui s’associent parfaitement, des prods d’un nouveau genre, telle est la recette du bon gamin à qui tout semble réussir.

2 réponses à « Myth Syzer délivre des Bisous Mortels »

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