Lomepal – Jeannine : C’est beau la folie


Chroniques / jeudi, décembre 13th, 2018

Flip change le monde, c’est une certitude. S’il n’a pas changé le vôtre, il a au moins changé celui d’Antoine Valentinelli,  A.K.A Lomepal. Une tournée complète dans toute la France, un album certifié double platine peu de temps avant le second, un skate tour avec sa bande, une sorte de pré-tournée sur mesure pour FLIP, une collaboration avec la marque emblématique, converse et tant d’autres rêves que Lomepal a enfin pu réaliser.

Mais voilà, le parisien est un artiste qui a faim et après l’annonce de sa tournée des zéniths, il n’avait pas de temps à perdre, s’envolant immédiatement pour son second album. Direction Rome pour le concevoir, en compagnie de ses producteurs et amis de toujours VMTHEDON, STWO, et Superpoze. Néanmoins, on retrouve un petit nouveau sur trois titres de l’album, le désormais bien connu, Vladimir Cauchemar.  Maquettes terminées, direction Paris pour rejoindre Pierrick Devin, compositeur et guitariste lors des sessions acoustiques du rappeur, pour peaufiner ce second album. C’est finalement début décembre qu’il nous livre son deuxième enfant  : Jeannine. Un beau bébé de 17 titres avec quatre featurings en la présence de : Jean Jass, Orelsan, Roméo Elvis et Katerine. 

Nous sommes prévenus depuis « Achille » sur le projet « ODSL » :

 « La suite sera chaude genre. Plus je rappe, plus j’ose chanter. Plus le temps passe moins je chôme »

Lomepal – Achille (prod Swto)


Si Flip n’était qu’un début, avec des titres repris en acoustique, on remarquait encore une certaine fragilité dans la voix d’Antoine, bien que clairement empreinte de sa sensibilité. Un bon esprit de skater, il n’aime pas être autre chose que le premier et le meilleur dans ce qu’il fait.  La pratique du chant pendant la tournée, des cours et les sessions en studio pour Jeannine lui ont finalement appris à maîtriser sa voix. Il était donc clair que l’artiste voulait se diriger vers le chant et cet album nous le montre.

« Ne me ramène pas »

fait office d’introduction à l’album. Le temps de 2 minutes on découvre tous les thèmes du projet, avec par exemple, la réalisation de ses rêves  la solitude qui le hante, le temps qui passe bien trop vite, sa posture d’incompris, cet aspect « blessé à vif » de Lomepal, la place qu’il a longtemps cherchée, sa famille, ses pulsions dévastatrices et la folie, ses amis, son présumé syndrome de Peter Pan et l’une des choses essentielles de l’artiste, son égo.

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« Mômes »,

ce morceau où on retrouve le refus de grandir de Lomepal à travers un morceau Egotrip. Il y exprime aussi son envie d’indépendance, qui promet de faire brûler les zéniths avec un refrain qui sera forcément repris par des publics en délire.

« Prend cette putain pour un jeu je suis encore un môme, Pas de leader pas de maître. Pleure pas si je te manque de respect comme un môme. Mômes jusqu’à la mort y’a aucun remède »

Il peut enfin témoigner de sa réussite, voire positiver. Antoine réalise ses rêves depuis la sortie de Flip et il espère que ça va durer.

« J’adore ça pourvu que ce jeu dure encore un peu. »

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« X-Men feat Jean Jass », est dédiée à l’amitié.  « Les corbeaux » et le « Blackared Studio » avec Caballero et Jean Jass, des amis de longue date de Lomepal, c’est : un projet en commun « Le Singe fume sa cigarette », un feat sur Flip avec « ça compte pas » et de nombreuses sessions en studio avec le premier ainsi qu’un morceau bonus avec « Mi-Chemin » pour le second. C’est un feat naturel pour le duo, tant leurs carrières respectives sont indissociables. Le parisien nous permet d’entendre le JJ de l’époque Goldman, mais avec les plus que lui ont amené la trilogie « Double-Hélice ».

Quand le Flip Tour passe au Studio Planet ? @gkayacan

Le morceau parle d’amitié, celle de deux mecs qui sont là pour se remonter le moral quand ça ne va pas, mais surtout l’amitié où l’on ne se ment pas, l’amitié où la langue de bois n’existe pas. Les vrais amis sont ceux qui vous remettent les pieds sur terres et qui vous disent ce qui fâche et on le voit très clairement avec le refrain .

« Regarde toi t’es pas un x-men, faible comme un autre »

Les couplets montrent aussi que des amis se disent la vérité et que de vrais frères se comprennent sans se parler et lisent dans les pensées de l’un de l’autre.

« C’est tellement rare d’aimer sans faire d’effort. Sauf que c’est tout l’inverse quand elle est folle. T’es parti pour ça mais c’est quand même dur, Quand son nom s’aff‌iche sur ton téléphone »

Les petites pauses de pré-couplets montrent aussi ça à travers un dialogue entre les deux artistes, comme ils le faisaient déjà sur leur featuring présent sur FLIP

« t’es con ou quoi ? pourquoi tu tapes dans le mur ? tu vas juste te faire mal. t’es con. »

Le couplet de Jean Jass est dans la continuité de celui de Pal. L’idée de ne pas se laisser abattre et l’égo qui peut être remonté par un ami tout en lui faisant une blague qui le touchera : 

« Tes plaies ne se referment pas toutes seules. Son nouveau mec serait mort de rire. Mais lui et elle on les baise »

On retrouve aussi l’humour et l’amour du foot si marquant chez le belge : 

« Y’a plein de raisons pour aller mieux , Repense à la f‌inale gagnée par les bleus. Okay t’aimes pas le foot. Quel monde de merde, et patati et patata »

Avec cette phase, on peut le voir représenter des moments d’amitiés qui finissent par devenir une routine. On sait ce que l’autre va nous dire, mais il est nécessaire de l’entendre quand même pour aller mieux. On retrouve aussi cette mélancolie, cette soif de réussir et surtout, d’avancer, malgré les coups durs des deux artistes qu’ils expriment avec cette phase :

« Toi t’es le genre de connard qui a du mal à se contenir. Moi je suis le genre de connard qui va te dire que la vie continue. On est là, deux connards, l’un qui parle, l’autre qui pleure »

Le morceau se termine par cette phrase, comme preuve qu’ils sont finalement passés au dessus de tout ça, dite par Lomepal :

« Oh Yass on casse pas des murs nous ? »

Equipe type 2018-2019

« Plus de larmes » 

Antoine nous livre ici un morceau totalement introspectif où il parle de ses blessures, celles qui l’ont fait, qui l’ont construit et dont il ne guérit pas. Ces dernières, qui lui ont donné une effrayante volonté d’autodestruction et qui font que son cœur ne peut maintenant « plus battre ».

« comme mes idoles préférées j’ai faim de scènes. 
Faim d’alcool j’ai faim de gloire, j’ai faim de sexe.
 J’idéalise trop les rockstars.
Parfois j’ai peur de rejoindre le club des vingts-sept »

Dans cette album il aborde bien plus un sujet encore très méconnus pour son public : sa famille. Là où sa mère était la source principale de ses envies d’autodestructions, expliqué avec le morceau « Sur le sol »,  il dévoile aussi, à sa façon, l’amour qu’il a pour elle et le soutient qu’il a été pour elle.

« J’suis devenu fort en psycho en rassurant ma mère dans la cuisine jusqu’à quatre heures (quatre heures).
Elle me parle toujours des mêmes histoires de famille, à force, j’les connais toutes déjà par cœur »

Fan addict de Kitano, il écrit aussi une phrase faisant écho à celle de son ami Népal,  dans « Esquimaux »  sur « Cyborg » de Nekfeu .

« J’reste comme une personne addict, ce monde est un sauna dis-moi, le suicide me sauvera-t-il ?
Je partirai avec la même tête que Kitano dans Sonatine »

là où Népal disait:

« Takeshi Kitano quand j’souris »

Takeshi Kitano – Sonatine

On retrouve donc une référence commune aux deux artistes et amis, pour parler de leurs pulsions destructrices qui sont, pour eux, un moyen de se sauver de ce monde. En effet, cette libération les ferait donc partir avec le sourire. On notera l’originalité de Lomepal, qui arrive à écrire une phase renvoyant exactement à la même image que celle de son confrère. On peut voir ça comme une marque de respect envers les mots de l’autre moitié de « 2Fingz » présent sur Lucy dans Flip

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« 1000° feat Roméo Elvis »

Actuellement seul single du projet (à l’heure de la rédaction de l’article), il était disponible sur youtube dès le 17 septembre, c’est-à-dire pas moins de quatre mois avant la sortie de Jeannine. Le titre atteint presque les 20 000 000 écoutes, en cumulant celles de Youtube et celles de Spotify. En plus d’être un troisième featuring entre les deux artistes après  « Thalys »  sur Morale 2 et « Billets » sur Flip, c’est aussi un clip qui a fait parler de lui. En collaboration avec ses amis de « L’ordrecollectif » composé des talentueux Adrien Lagier et Ousman Ly, les réalisateurs du moment dans le rap français, envoyant des images toujours plus folles. Bien aidé donc avec la sortie de ce clip, la promotion du second album du Parisien était assurée.

1000° Feat Roméo Elvis

Concernant le texte, l’intro du titre rappelle « Ne me ramène pas » :

« Séduit par les extrêmes, j’ai trouvé ma place 
Un pied dans les flammes, un autre dans la glace »

Le titre est provoquant, fidèle aux deux artistes. Les fêtards invétérés qu’ils sont, montrent que leurs envies de faire la fête et tout oublier grâce à des substances peu recommandables, ne risquent pas de s’arrêter.

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« Le vrai moi » 
Chanson d’amour fidèle à Lomepal, ce dernier révèle que c’est une femme qui lui a permis de voir « son vrai visage ». C’est une chanson où il dit merci à cette femme, dont nous ne connaîtrons jamais l’identité, comme l’indique le refrain.

« Tout est tellement joli près de toi
Pourvu que les grains du sablier se coincent.
J’ai enf‌in vu le vrai moi près de toi.
Merci pour ça .»

Grâce à cette femme il n’a plus peur de lui-même puisqu’il s’est enfin vraiment découvert :

« Mais comment pourrais-je avoir peur
maintenant que j’ai découvert le vrai moi »

Ce morceau montre le côté « jusqu’au-boutiste » du parisien, caractère qui se retrouve dans tous les aspects de sa vie, l’amour n’y échappant pas. Lui qui semble avoir peur de l’amour en général, témoigne ici d’un amour niais, d’un amour parfait, celui où une personne vous sauve, cette personne devenant une drogue qui nous soigne, un médicament d’un nouveau genre. La vie sans elle dans la société, dans sa tête, est un véritable enfer et une si belle personne n’a rien à foutre là.

« Loin du vrai toi en enfer. Ta belle gueule n’a rien à foutre là-bas.
Promets-moi de ne pas me rejoindre en enfer. Et si t’essayes, pourvu que les anges te gardent »

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« Skit Roman »

Dans Flip, on ne trouvait qu’une seule interlude, le Skit skate mais sont, sur cet album, au nombre de deux. Le premier est un monologue de Roman Frayssinet, la nouvelle tête du stand up français. Fidèle à son personnage et son humour, il introduit le titre suivant, « La vérité », avec un sketch où il explique qu’il est important que les amis se disent la vérité, car sinon on est « condamné à rester flingué à vie ».

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« La vérité feat Orelsan »

We Love Green 2018

S’il a bien un feat attendu depuis l’annonce de la tracklist et cette photo des deux artistes au festival We Love Green, c’était celui-ci. On retrouve le thème introduit par l’interlude : l’importance de dire la vérité entre amis mais aussi à soi-même. Sous couvert d’Ego-trip et d’humour, on va avoir droit à un morceau rempli de punchlines destinées aux artistes frustrés, ratés, sans talent qui deviennent méchants et considérant le monde entier contre eux. Alors qu’ils n’ont simplement pas fourni un travail à la hauteur des attentes ou qu’ils ne sont tout simplement pas fait pour ça.  Le refrain l’explique, même si la vérité blesse elle peut être aussi un moteur qui pousse à se dépasser pour montrer que les gens se trompent.

« C’est pas parce qu’il s’acharne  que c’est bien.
Le flatter pour être sympa, ça ne mène à rien.
Maintenant dis la vérité , Dis la vérité . Surtout si c’est ton pote (la vérité). Le blesser, c’est important (la vérité )»

« Trop Beau » 

Lomepal est un homme et un artiste au cœur brisé, qui semble aimer faire mal à ses auditeurs et fans, en leur rappelant les douleurs que provoquent les réels sentiments. Cette chanson magnifique est un déchirement, même après des dizaines d’écoutes. Le thème de « L’amour qui fait mal » mais qu’on épuise jusqu’à se brûler par les deux bouts, est toujours aussi présent.

Les morceaux sont connectés entre eux, on pourrait mettre la discussion de X-Men  après celui-ci. Là où « Le vrai moi » était presque niais tant l’amour décrit était beau, ici, Antoine montre que ses relations sont une éternelle douleur mais que le désir les fait tenir.

« On se blesserait même avec zéro mot. Pourtant aucun mur sur cette terre, ne pourrait étouffer le cri de nos phéromones »

Le refrain est comme le point d’orgue de ce morceau, qui est le climax et une introspection de la part de l’artiste. Son passé et sa personnalité font qu’il n’arrive pas à être heureux, voire qu’il n’aime pas être bien. Pour lui le bonheur n’existe pas, ou, au mieux, sera éternellement passager :

« Notre histoire n‘aurait jamais pu f‌inir dans le calme et la tendresse.
Je te déteste comme cette phrase qui dit : « C‘était trop beau pour être vrai »

Le deuxième couplet quant à lui montre qu’il n’arrive pas à partir, qu’il ne veut pas partir, car il se souvient des débuts idylliques de la relation. Ce moment où on ne voit pas les défauts de l’autre et où tout semble parfait. Mais aussi, et surtout, que malgré ce mal qu’il s’inflige, elle lui fait aussi oublier ses peines dans les moments de calme.

« Bébé serre moi fort que j’oublie que c’est le chaos, autour c’est le chaos »

Et le couplet se termine sur ce sentiment de tout vouloir reprendre à zéro et qu’il se souvient pourquoi il est amoureux de cette fille :

« Le problème c’est qu’ça me rappelle pourquoi je l’aime. Je revois les débuts, les premières semaines, on pourrait repartir à zéro et prendre le premier avion comme dans un film de merde mais c’est du délire »

Mais il termine par dire que c’est du délire comme s’il se rendait à l’évidence et qu’il doit arrêter ça. Le désir est toujours présent entre eux, reste l’un des ciments du couple et malgré que leurs nuits ensemble soit une drogue pour Lomepal, cette fille doit partir, qu’importe la douleur de la séparation, car il n’en a pas le courage lui-même. Pour lui, ils finiront par mourir de cette amour qui engendre la haine :

« Nos deux corps pourraient mourir, j’ai déjà fait le deuil.
Maintenant pars loin de moi, une larme cachée dans l’oeil »

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« Le Lendemain de l’orage » 

Ce morceau à couplet unique, montre que Lomepal, au-delà d’une fierté exacerbée dans ses morceaux et sa forte personnalité, a, malheureusement, lui-aussi bien du mal avec la société des faux semblants.  Il est doué pour s’y intégrer mais il ne veut plus jouer la comédie, il a envie de faire le ménage pour être entouré de gens honnêtes qui ne le forceront pas à jouer ce rôle qu’il déteste :

« J’suis un boss en comédie mais j’veux plus m’servir de ce don.
Si t’es pas con et que je t’aime pas tu peux le voir en deux secondes.
Si t’es con, tant mieux pour toi, joyeuse vie dans le monde merveilleux des fourbes »

« Skit Mamaz »

Seconde interlude de l’album,  on a une nouvelle fois l’occasion d’entendre Pascale Valentinelli, la mère de Lomepal, se confier sur sa mère et donc la grand-mère de l’artiste. Ses apparitions sont des confidences sur l’enfance de l’artiste mais aussi sur leurs passé familial. Ici, elle témoigne sur la rencontre entre un docteur émérite et Jeannine, pendant son séjour à Saint-Anne. La personnalité de la grand-mère de l’artiste ont réussi à persuader le médecin que :

« Tout les fous sont pas tous obligés d’êtres dans un hôpital »

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« Beau la folie » 

Les différents tracks qui constituent le projet forment ce qu’est Lomepal. Son égocentrisme, que l’on trouve surtout pendant sa jeunesse, est énoncé de temps à autre, mais on voit au fil de l’album que derrière se cache une personne abîmée par la vie et sa famille, mais en fait un témoignage poignant, montrant l’amour qu’il a pour eux.
Ce morceau évoque la pathologie de la folie et en parle clairement.  Mais comme « Skit Mamaz » et « Ne me ramène pas »  le montrent, pour lui la folie est avant tout une sorte de liberté. Mais la folie, c’est aussi l’amour, l’un des sujets de prédilection d’Antoine, comme l’évoque le second couplet où il parle d’une fille aussi folle que lui.

C’est une sorte de merci mais aussi de règlement de compte avec son enfance. Il ne serait pas qui il est sans ce vécu. Il le dit « dans le livret »  Il n’a pas assez connu sa grand-mère et se sert des témoignages de sa mère pour montrer la personnalité de Jeannine, la conclusion de sa mère est pleine d’une beauté nostalgique et conclut parfaitement l’hommage qu’il a voulu faire dans ce morceau.

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« Evidemment » 

Ego et Folie dés l’introduction :

« Les plus grands sages disent que le vrai bonheur est dans l’équilibre , c’est peut être la débilité mais j’ai jamais voulu la vie tranquille de quiconque »

Depuis son premier morceau en 2011 , du chemin a été fait .« Evidemment »  est un retour sur la carrière déjà bien remplis de Lomepal. Entre les débuts devant le micro où il ne faisait que gueuler comme un mec « Mort saoul » et la monté jusqu’à atteindre les têtes d’affiches et à être adulé par des millions de personnes, l’artiste a bien évolué. Il évoque aussi les salles pleines du « Flip Tour », en rappelant qu’il était déjà passé par ses salles avec son équipe mais bien moins remplis. A l’époque, il était comme le dit le refrain : « invisible comme l’air ».

Lui qui était si invisible aux yeux des femmes, fait maintenant parti de ceux qui « tous les soir couchent avec une nouvelle femme qu’il connaît pas » C’est comme une vengeance sur cette époque, une revanche contre la vie et une juste réussite. Mais malgré tout, il n’est pas heureux dans cette situation car il ne connaît pas le vrai amour, « ils ne s’intéressent qu’a leurs physiques » et ajoute aussi qu’il était « Un peu froid , maintenant je le suis totalement ». 

C’est aussi un majeur levé aux arrivistes ( femmes, fans, « amis » et personnalité du show-buisness) qui soudainement aiment Lomepal grâce à la notoriété. 

« Pourquoi vous voulez m’aimer maintenant , ça sert plus à rien de m’aimer maintenant »

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« Dave Grohl »

C’est après avoir rencontrer une inconnue, et passé, le temps d’une soirée, auprès de cette femme, que Lomepal a eu l’idée de ce morceau. Un titre en référence à l’ancien batteur du groupe Nirvana, référence aux années rocks de Pal. Il y expose encore une fois, l’échec face à l’amour, se retrouvant face à une femme déjà éprise d’un autre. Ce texte est emprunt de références antérieurs, notamment sur le troisième couplet, lorsque ce dernier reprend tout un vocabulaire autour de l’océan. Il disait déjà, il y a quelques années:

Couplet 3 Dave Grohl


« j’ai du mal à avancer comme si j’étais sous l’eau »,

Cela sonne comme un écho à sa course effrénée dans l’océan pour rattraper cette fille perdue à tout jamais. Elle lui conseil une nouvelle fois la solitude, qui semblerait être le mieux pour l’artiste, mais ce dernier ne veut plus la supporter, après toutes ces années passées à ses côtés. Il confit détester le mot « âme sœur », ce qui semble logique : Lomepal a toujours refuser d’être dépendant d’une personne autre que lui, or ce mot et ce qui gravite autour, montre clairement que pour être pleinement heureux,
il faut être comme «complété par une autre personne.
Durant le refrain, il explique qu’il a blessé des personnes et rappel une phase de Yeux Disent :

« Un jour elle m’a dit qu’elle souffrait, qu’c’était terrible dans sa tête, mais ce jour là je l’ai pas écouté, j’avais des rimes dans la tête ».

Il fait donc un lien entre ce que lui disait cette fille au sujet de sa souffrance qu’il ignorait, c’est ainsi qu’il blesse ceux qui l’aime, puis se justifie avec son côté artiste, et précise dans ce refrain « qu’une star ou un génie qui fait le mal n’est rien d’autre qu’un homme seul ». Encore une fois, l’artiste s’exprime sur la difficulté qu’il a à gérer les émotions tant celles des autres que les siennes.

« Plus dure d’avoir une fille que t’aime en face qu’une fille qui t’aime en face »

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« Ma cousin » 

Suite déclarée du « Lendemain de L’orage »  :

« J’ai attendu la f‌in de l’orage pour pouvoir jouer les vacanciers »

En reconsidérant la track numéro 10 de l’album où l’artiste avouait être écoeuré des faux-semblant et de ne pas réussir à trouver sa place, il donne ici une suite annoncée par la dernière phase du « Lendemain de l’orage »:

« De faire semblant de vous trouver marrants.Putain j’ai passé l’âge (putain c’est l’heure) »

Les deux morceaux, bien que liés, sont aussi les deux opposés de la personnalité du rappeur.  Les nuits et journées sans fin d’un côté et la vie dont il profite à 100 à l’heure de l’autre:

« (…)ne me jugez pas on se divertit comme on peut sur Terre.Je suis pas là longtemps et j’ai toute une liste à cocher »

Lomepal aime dire la vérité comme il le dit dans la chanson du même nom mais aussi comme il l’annonce dans « Le lendemain de l’orage »

« Je dis la vérité comme un enfant.Ça rend pas vraiment heureux mais ça défoule »

L’égo d’Antoine Valentinelli explose dans ce morceau. Il parle de la réussite de « FLIP » qui n’est, non pas un classique, comme beaucoup d’artistes pourraient le revendiquer pour leurs albums, mais comme un « Monument ». Peu lui importe que les gens le déteste mais on ne touche pas à son premier album au vu de sa réussite.

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La suite le 07/12/18

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Le refrain quant à lui est tout simplement un concentré de l’album et donc de Lomepal.  Ses amis sont un moteur qui lui ont permit d’aller plus vite , mais la haine des jaloux lui est encore plus utile car ici il l’identifie comme « un moteur de jet ». Il se sert donc de cela pour montrer que ses promesses de ses premiers projets sont belles et bien réelles et surtout il les à réalisés.

Il continue dans la provocation en promettant aux gens qui ne l’aiment pas et qui ne le supportent pas, qu’il fera tout pour qu’on le voit partout. Objectif déjà réalisé, entre une tournée internationale prévu en 2019, les promotions multiples des médias et les affiches recouvrant la France entière pour la sortie de « Jeannine ».

« Ma cousin désolé si mon bonheur te gêne. Je suis beau je suis fêlé et les moqueurs se jettent.
L’amour des collègues c’est un moteur de Ferrari. La haine des jaloux c’est un moteur de jet.
Tu supportes pas ma gueule c’est parfait. Je ferai en sorte que tu la voies partout. »

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« Cinq doigts feat Katerine »

Dernière trace de folie de l’album, une magnifique déclaration d’amour à ses amis mais aussi une retranscription de la réussite de toute sa bande. C’est le son qui montre que seule cette « famille » qui l’a construit, le connaissent vraiment et qu’il n’aime pas être loin d’eux. La réussite ne s’est pas faite, seul mais ensemble.

Kip Paz (Source : Ig Lomepal)

« J’voulais baiser des mères en skate et devenir pro.Aujourd’hui je vis ce rêve à travers Rémy et Marca.
Eux aussi on leur demande de signer des t-shirt au marqueur.
J’ai même pas besoin de faire semblant de croire que tous mes amis sont remarquables. »

Ce bonheur procuré par ses amis et leur réussite commune va jusqu’à rendre réellement heureux Lomepal, le rendant même plus sage, ce qui est très loin d’être le mot approprié pour définir l’artiste.

« Trop d’endorphine pour me bagarrer je deviens sage et chiant comme Bagheera »

Il retranscrit aussi formidablement bien ce sentiment d’être à sa place, entouré de ceux qu’on aime. Nos amis sont toujours les meilleurs à nos yeux. Mais ici il pousse le vice en disant qu’objectivement et en ayant pris du recul il n’y a pas mieux sur terre :

7 milliards d’humains sur Terre.Fallait que je tombe sur les meilleurs ,Objectivement mes frères sont les meilleurs

On apprécie aussi cette collaboration entre deux artistes de mondes différents mais liés par un respect et une fascination mutuelle pour ce qu’ils incarnent. Cette folie, source de liberté, qui fascine Lomepal, est incarnée par Katerine, qui à toujours été vu comme un homme et un artiste en marge. Mais le refrain montre que les deux se comprennent, déclarant qu’une vrai bande reste soudée comme les cinq doigts de la main :

« Comme les cinq doigts de la main ,On ne sait pas faire la même chose.
Mais on sait juste une chose.On vivra toujours sur la même main .»

et forcément la comparaison des deux artistes au majeur  pour l’intro et la conclusion du titre qui est de loin le doigt le plus provoquant et le plus identifiable à Antoine.

«  (…) le majeur c’est moi »

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« Dans le livret »

C’est avec cette prod inconnue jusqu’alors que l’artiste parisien décide de clore son second album. Un morceau initialement composé en 2015 puis abandonné, qui, après remaniement, refait enfin surface. Un morceau que Lomepal propose d’écouter avec un texte, contant quelques unes des nombreuses anecdotes de Jeannine, l’album, cette fois. A vous de découvrir ce dernier texte touchant que nous offre l’artiste, qui se trouve, vous l’aurez deviné, dans le livret.

« – C’est beau ?
– Oui, c’est beau »

C’est beau la folie

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