Fétourné interview Lord Esperanza: Rencontre avec l’enfant du siècle


Interviews / vendredi, janvier 18th, 2019

Fétourné a pu rencontrer Lord Esperanza lors de son concert à Lyon. Il nous a accordé de son temps pour répondre à nos questions.

ANNÉE 2017/2018

Fétourné : Salut Lord content de t’avoir sur Fétourné, comment ça va avant la dernière de l’année ?

Salut ça va ou quoi Fétourné ? Ça va très bien, très heureux de jouer à Lyon en plus y’a une histoire un peu particulière avec la salle ; l’année dernière on était en première partie de Lomepal, cette année on est headliner et on affiche complet donc que du bonheur.

Fétourné : Chaud de retourner ça ?

Ouais grave !

Fétourné : T’es venu avec toute l’équipe ?

Je suis venu avec Léo le community manager, Victor à la photo, JB et Mims à la réal, les ingés son, et Majeur Mineur en producer et fleuriste aussi (rire).

Fétourné : Cette année on t’a vu sur de nombreux feats, dont un avec FouKi, rappeur québecois. Comment est venue cette connexion?

La connexion avec FouKi elle s’est faite simplement par instagram, de façon spontanée. J’écoutais ce qu’il faisait et j’ai kiffé. J’avais fait le track avant avec piège, je lui ai envoyé, il a kiffé et il a envoyé son couplet. Je suis parti là-bas faire des dates et on va essayer de continuer cette connexion avec lui en première partie en France, moi en première partie au Québec, on va essayer de développer cette passerelle entre les deux pays. En plus il monte grave là-bas et c’est un bon gars donc tout était réuni pour faire un bon morceaux.

Audigier ft FouKi

Fétourné : Comment tu arrives à être aussi productif en pleine tournée ?

Je travaille de manière assidue, en ce moment on bosse sur le premier album qui va sortir en 2019. On a essayé de laisser un peu plus de temps et mieux gérer les sorties entre les singles, les clips et projets mais je crois que j’ai un problème avec ça (rire). J’aime bien sortir des trucs, j’aime voir ma communauté grandir, leurs réactions, et en live ça prend une autre dimension mais maintenant on va essayer de plus travailler sur l’album. Faire attention aux problématiques, et que les thématiques soient différentes. Parce que le surplus de productivité fait que certain morceaux se ressemblent donc on va y faire attention.

Fétourné : En parlant de ta tournée, si tu devais citer UN souvenir qui t’a marqué lequel serait-il entre les expériences sur scène, souvenirs avec tes amis ou rencontres avec ton public ?

Récemment y’avait deux filles qui étaient venu a la fin d’un concert avec un classeur entier plein de photos mais depuis mes débuts ! J’étais un peu mal à l’aise mais c’était touchant. Elles ont retrouvé des photos de mes débuts à l’époque de mon premier projet à 18 ans mais aussi des textes. En souvenir récent c’est celui là. C’était a Aubenas dans le sud et encore une fois c’était touchant.

En plus je me suis rendu compte récemment que en comptant les featurings avec Pala$$ mais aussi ce qui arrive avec Polux et tous mes solos j’en suis à mon neuvième projet. Je m’en rendais pas compte j’étais dans mon truc jusque là et ça m’a fait bizarre.

Sinon en équipe, c’est un peu toujours le feu, mais pour en citer un je dirais le concert d’Angers. Où Sally une artiste que je produis sur mon label a fait ma premiére partie. C’était vachement touchant à la fin on était tous dans les loges c’était un beau moment. Ça laisse présager que du bon pour 2019 tous ensemble. Clin d’oeil aussi a mon gars Nelick, on a fait une bonne partie de la première tournée ensemble.

Fétourné : Et pala$$ ?

On tourne tous les deux de notre côté maintenant mais je pense qu’on va se retrouver un de ces quatre.

Fétourné : Tu as maintenant ton propre Label : Paramour music, c’est quoi les projets en tant que jeune patron?

Je développe deux artistes, des labels nous contactent pour faire des coprod. C’est cool on est content, parce que ça résonne bien dans les sphères professionnelles. Vous les verrez tous les deux régulièrement sur mes premières parties. Que ce soit Sally ou Delaty, ils sont très jeunes, ils écrivent beaucoup en ce moment et prépare leurs répertoires.

Sinon en tant que gérant c’est différent pour moi parce-que c’est plus un rôle de l’ombre, de direction artistique mais je kiffe. C’est encore embryonnaire mais ça laisse prévoir plein de belles choses.

Fétourné : « On se retrouve dans 3 ans dans Bercy Sold Out », avec le recul tu en es où par rapport à cette punchline, toi qui es devant la porte du premier album attendu pour 2019?

Toujours aussi motivé mais plus pour les mêmes raisons. A l’époque je voulais de la reconnaissance pour en avoir mais aussi pour mon histoire perso. Je voulais prouver des trucs a mon père qui m’a pas toujours soutenu, surtout au début.

Fétourné : C’est vrai que tu l’évoques souvent

Grave, mais en y réfléchissant pas tant que ça. Y’a surtout deux ou trois chansons où c’est clair. Sinon oui j’ai toujours autant envie de réaliser cet objectif mais mon regard sur la musique a aussi changé et la portée qu’elle peut avoir. C’est surtout pour toucher les gens, pour transmettre des émotions et apporter des choses dans leurs vies. D’où ce que j’ai fait avec too good to go.

TON RAPPORT AUX MOTS :

Fétourné : Tu fais partie de ces artistes qui manie les mots et que certains décrivent comme le rap de blanc, voire encore plus récemment le rap de iencli, tu le prends comment cette image ?

C’est marrant mais un pote me disait récemment que c’est une forme de discrimination. Je trouvais que c’était un terme vachement dur. Il a même parlé de racisme, je suis pas d’accord avec ça. Après c’est une vérité y’a jamais eu autant de rappeurs blancs dans les tops charts. Que ce soit Lomepal, Orelsan, Columbine ou Nekfeu. C’est cool de savoir qu’on m’inscrit dans cette génération, ils réussisent tous leurs carrieres et c’est des exemples pour la plupart.

Après le terme iencli en lui même c’est un chroniqueur de OKLM, j’ai kiffé la démarche humouristique mais le seul truc qui m’a un peu dérangé c’est qu’il se base sur des informations qui sont fausses, comme quoi j’ai grandi dans le 16ème et d’autres informations qui sont fausses, mais à part ça goleri. Y’a un petit clin d’oeil pour lui dans Audigier. C’est un jeu qui se joue à deux.

Pour ce qui s’agit du rap de iencli et les mecs de twitter, j’en rigole maintenant. Suffit de voir y’a un ou deux mecs qui peuvent poster une photo de meufs en stan smith avec comme légendes « les fans de Lord Esperanza qui disent que c’est mieux que Booba », ça me fait rire. Je partage et ça fait 600 RT ça fait de la promo (rire).

Après dans le rap et les réseaux sociaux en général faut se faire une carapace, ça se décuple forcément sur les artistes si tu y portes trop d’attention tu peux vite être atteint.

Fétourné : Tu as de nombreuses références entre classique de la littérature, philosophie et cinéma, ton nom est lui même un hommage au classique Vendredi, elle vient d’où cette sensibilité culturelle ?

C’est un héritage dans lequel j’ai été bercé, plus mes recherches personnelles mais aussi grâce à mes amis forcément c’est un melting pot d’informations, mais de base de mes parents.

Fétourné : Celle est un peu pour l’Ego mais si tu devais, aujourd’hui, avec tout tes titres, sortir une ligne, quelle serait celle dont tu es le plus fier ? et quelle serait ton morceau dont tu es le plus fier ? je te demande un peu de dire qui est ton enfant préféré mais elle me tient à coeur.

Il est pas encore écrit. Ce serait trop compliqué d’en choisir un. Après celle qui sort du lot c’est Boulevard. Après le meilleur texte je préfère me dire qu’il est pas écrit comme ça je me pousse à faire mieux.

Lord Esperanza by @Paulfetourne

TON RAPPORT A L’IMAGE :

Fétourné : Ton compte instagram réalisé aux cotés d’images eclectic fait partie des — si ce n’est le plus beau, comptes d’artiste à mon sens, d’où est né cette idée et tu juges comment ton rapport à l’image ?

A la base de la volonté d’être différent, puis elle a un talent fou. Je suis trop bien entouré j’essaye de le dire le plus souvent possible mais ça reste ma force numéro 1, toute mon équipe jusqu’à l’ingé son sont trop fort. Le destin a voulu que je rencontre cette fille, et au lycée en plus. On est devenus copains et même amis. C’est quelqu’un qui compte beaucoup pour moi on est même partis au Mexique ensemble. Cette volonté d’être différent du coup et c’est elle qui me permet de prendre cette dimension.

Fétourné : Tu dis dans des échanges que tu aimes co-réaliser mais aussi laissé tes réalisateurs exerçait leurs arts, mais Lord à la pleine réalisation de son clip, c’est possible ?

C’est prévu pour l’album j’ai un clip en tête que j’ai vu dans un rêve. (rire) Mais je bosse aussi avec Mims et on mélange souvent nos idées. Il est force de proposition, il aime l’esthétique et la technique. Il va proposer des idées de montages ou étalonnages voir un plan de caméra donc ça se complète. Mais par exemple il y’a un truc qui revient assez souvent. Avant j’aimais bien faire des photos ténébreuses mais ça m’as soûlé. Il y’en aura toujours au niveau de la promo mais maintenant je préfère faire des photos un peu plus perso ou plus en immersion et je l’ai compris avec l’expérience. C’est aussi que j’ai changé. Y’a un an une photo où je souriais c’était impossible. Mais on en revient à la carapace de tout à l’heure. (Quelqu’un crie dans le couloir des loges ce qui provoque les rires de tout le monde.)

Du coup avec le temps j’apprends à être plus moi même et mon album le reflète, je parle plus de moi.

HUMANISME ET ENGAGEMENT :

Fétourné : Un featuring avec idriss Aberkane que tu avais shoutout dans l’insolence des élus, d’où est né ce morceau ?

Ben c’est lui il est incroyable, il m’a suivi suite à L‘insolence des élus, on s’est envoyé des messages sur Twitter et en fait c’est un mec curieux et ça s’est fait de manière spontanée. Je pense qu’on va refaire des choses ensemble comme des conférences pour l’album. Mais là il y a des choses qui s’ouvrent comme des choses avec Science Po. On va un peu plus utiliser la parole pour transmettre des trucs.

Fétourné : On pense que la jeunesse est dépolitisé, certains rappeurs le revendiquent mais toi tu tiens à t’engager dans les combat qui te tiennent à coeur, c’est quoi ton avis sur cette soi-disant dépolitisation et ce soi-disant non-engagement ?

Autant je suis d’accord et autant j’ai été transpercé par le discours d’une jeune suédoise a l’ONU. C’est exceptionnel, certain ont un destin. Cette fille de 15 ans elle est venue au monde pour changer les choses. Elle parle avec une sensibilité extrême de l’avenir de l’humanité mais aussi de ce pourcentage ridicule qui contrôle tout les enjeux. Ça me redonne tellement d’espoirs que j’ai pas envie d’écrire sur ce sujet de la dépolitisation.

Ou sinon on peut parler du jeune Néerlandais de 18 qui a créé un système pour nettoyer les océans et qui a récolté des tonnes de plastique. Son idée il l’a basée sur le bio mimétisme de la raie manta et ça marche. C’est l’avenir. Ils sont vachement en avance sur leurs temps. J’essaye de changer ça. Les interviews et t’en parler c’est bien mais il faut aussi passer à l’action.

Fétourné : Tu t’es aussi engagé dans un combat pour l’écologie avec le morceau Change ta date. « Qui m’a rappelé ta ligne qui dit je cherche la réponse des astres sur le désastre écologique » Du coup t’es engagé dans ce combat te tenait à coeur ?

C’est la suite logique de ce que je te disait. On partage ces idées dans l’équipe et surtout le frérot Majeur Mineur qui a exacerbé cette volonté en moi. Il est lui aussi très engagé. Du coup Too good to go ça s’est fait de façon assez simple. On a fait un super clip avec Anna Roselin que j’embrasse et au moins on a mis un peu de lumière dessus. C’est cool on a réussi a doubler les signatures.

LORD EN TANT QU’ARTISTE ET LA REUSSITE EN EQUIPE :

Fétourné : Les rappeurs ont souvent deux entités entre celle qui représente l’égotrip et l’autre plus calme avec deux nom différents, chez toi elle représente une seule personne. Les deux entités ne peuvent pas être séparées, même dans tes sons les plus sombres comme Noirs ou Rois du monde où le Lord semblent l’emporter, l’Esperanza Humaniste semble quand même vouloir partager ses idées, c’est une volonté de ta part ?

Ça vient de mon histoire personnelles. J’ai grandi entre deux entités fortes mais différentes. Entre un père autoritaire issu d’une classe sociale faible mais qui est un self made men, il s’est accompli lui même, et a l’inverse une daronne plus laxiste qui avait moins de soucis. D’une semaine à l’autre je vivais des trucs super différents. Je pense que c’est ce qui a bâti ce paradoxe. En plus de ça il y a aussi un truc qui saoule mes potes, mais dans le bon sens, c’est cette remise en question perpétuelle. J’ai peur de devenir la personne que je veux pas être. Avec l’année 2019 je me rends compte que y’a des choses que je néglige et c’est des petits détails qui me font peur donc je travaille dessus.

Mais pour revenir sur la question je suis pas arrivé avec un concept de fou, en me disant que je vais faire des chansons poétiques et des gros bangers. C’est juste que c’est ce que j’aime faire. Les bangers c’est bien pour l’énergie et l’entertainement mais c’est pas figé dans le temps. Au final ça les touche pas dans leurs âmes et dans leurs cœurs. A long terme y’en aurait de moins en moins voire plus du tout.

Fétourné : Internet est ton dernier projet en date, tu te revendiques comme un enfant d’internet, pour toi ça veut dire quoi être un enfant d’internet ?

Ça veut dire savoir gérer sa communication sur les réseaux sociaux, être au contact de sa communauté et savoir nouer des liens fort avec eux. Ou par exemple encore en tant que producteur, savoir repérer des artistes que tu veux produire. Ça veut dire aussi échanger et essayer de comprendre comment le monde le trame et être a la base des tendances de demain qu’elles soient musicales ou engagées et être fidèle à soi-même. Malgré que les réseaux soient un reflet de l’égo et de la dictature du chiffre.

Tu fais partie de ces artistes dont les amis comptent beaucoup pour lui et avec qui il à créé une équipe, quelle importance ont-ils pour toi ? Du Sid à Majeur Mineur, Eden Dilinger ou Mims vous vivez comment cette réussite commune ?

Léo, community manager : C’est encore mieux de vivre ça entre potes. On est parti du fait de travailler ensemble et de réussir pour au final devenir amis. Réussir en tant qu’amis je trouve ça encore mieux que réussir avec des personnes dont nous ne sommes pas proches. On vit tout ça ensemble, on fait la tournée ensemble, la semaine on est ensemble et on réfléchit ensemble. C’est pas juste pour le travail. On est jamais fermés sur des critiques ou des avis, on se remet tous en question et on fait tous partie de cette montée commune donc c’est vraiment cool.

Mims : Faut appuyer sur le fait que notre relation n’est pas que pro. On est montés ensemble, on est partis du même point. On a connu les mêmes étapes de progression professionnelle, de là est né une amitié donc un lien plus fort qui nous a poussé à travailler encore plus. On a vu que l’on avait des capacités. Tout le monde s’est rencontré par le prisme de Lord, du coup on rencontre des gens motivés et tous ensemble on aboutit sur quelque chose de carré, ou on essaye, et humainement c’est fort. A chaque truc qu’on sort j’ai plaisir à me dire que je vais pouvoir le montrer à quelqu’un dans trente ans et raconter toutes les anecdotes qui s’en suivent.

Leo : Puis même si ça s’arrete demain, y’aura eu tellement de choses de faites que ce sera déjà incroyable. On sait qu’il y a plein de possibilités pour aller plus loin mais tout cela est déjà exceptionnel.

Lord : C’est un truc qui revient souvent dans l’équipe , c’est de célébrer. Y’a toujours ce moment où je veux aller de l’avant , où je me dis que ça c’est pas encore bon ou je me suffit pas. Mais là on commence à se dire que c’est bon. Là (moment de l’interview le 23 décembre) on se dit qu’on peut aller retrouver sa famille, profiter de noël, avoir d’autres visions et prendre son temps. La patience c’est quelque chose qu’on essaye d’appliquer. Parce-que de base on est tous réunis par cette même impatience et cette envie d’aller de l’avant. D’ailleurs c’est marrant Edouard m’as dit ça un jour et je trouve que c’est une très belle phrase : « Dans l’entourage d’un artiste c’est souvent eux qui croient le plus en lui, que l’artiste ne croit en lui ». Ce qui est vrai me concernant, je suis souvent dans les deux extrêmes. Des moments d’hyper confiance ou d’autres où je doute cruellement. Donc j’ai besoin de mon équipe autour de moi et de ces moments là. Tout ça m’accompagne vers le premier album qui sera symboliquement le fruit de tout ce travail en équipe. Les clips seront toujours faits par Mims, le travail de communication et de réflexion artistique est énormément épaulé par Léo et en prod c’est du 100% Majeur Mineur.

Fétourné : Maintenant t’en es où de l’album?

On a 80 % du projet, la nomenclature est là. Après on va encore faire de nouvelle chansons. Mais ce qui est marrant c’est qu’on va faire les Bangers en dernier. Sur Polaroïd, « Oh Lord » et « Noir » sont venues assez vite là ou « Maria » par exemple était arrivée après. Donc là on a plus des morceaux un peu chantés mais il manque encore des Bangers.

Fétourné : Génération entre héritage musical parental et accès à tout les genres possibles, je te sais fan de musique actuelle comme des Beatles ou de Bob Marley, tu cites Bagdad Café ou Lou Reed dans d’autres interviews, une référence à Brel avec les perles de pluies dans « Ce soir ne nous appartient pas », fin 2018 il écoute quoi Lord Esperanza ?

J’écoute beaucoup Rosalia en ce moment et je me remercie Mims qui me rappelle ce que j’écoute. C’est une artiste qui fait de la flamenco trap, je trouve ça révolutionnaire . C’est pas novateur c’est unique vraiment. Y’a une phrase de Népal qui en parle bien, où il dit : Je suis en cortège avec le millier qui m’accompagne.

Rosalia

J’ai les valeurs que t’as cité auxquelles s’ajoutent les Doors ou aussi Hendrix que je cite rarement mais que j’écoute parfois seul dans des soirs pluvieux (rires). J’écoute aussi beaucoup de rap français en ce moment je me prends Lomepal comme jamais, l’album Jeannine je le trouve exeptionel. Le morceau « Trop Beau » je le ferai écouter à mes enfants. Il me met des claques comme c’est pas permis et c’est cool ça donne envie d’aller plus loin. Ça me remet grave en question sur ma musique. Mais c’est pour ça que j’aime écouter du rap français par exemple le morceau « Fumer » je me le prends autant.

Fétourné : Même si ça se démocratise, tu fais partie de ceux qui revendiquent écouter du rap français c’est bien ça change.

C’est obligé. Du frérot au petit détracteur, on s’inspire on essaye de comprendre c’est normal.

Léo : La plupart te diront qu’ils écoutent que leurs potes et mettent du respect sur le nom de leurs potes mais en vrai tous le monde écoute tout le monde. Petit ou grand nom.

Lord : Mais c’est un truc de ouf récemment encore et sans donner de nom y’a des anciens qui écoutent ce qu’on fait et s’en inspirent. Récemment y’a un son qui est sorti en écoutant c’est le même refrain. Mais c’est même pas grave je vois ça comme un hommage. Forcément sur le moment ça pique un peu mais après tu te dis que t’as inspiré un gars c’est lourd. Mais c’est une suite logique pour moi ce sera la même chose. On est tous des éponges. On a nos différences mais on a des bases communes. Quand je vois Vald ft Hornet la frappe, Hornet cite Brel, j’ai été agréablement surpris.

Fétourné : T’en parlais plus tôt mais ça me fait penser à une référence qui me fait plaisir car communes c’est celle de Népal. C’est une de tes idoles ?

Ah c’est un de mes Sensei, à mes débuts j’écoutais ses freestyles sous KLM, Grandmaster Splinter 1, 2, et 3 c’était fou. A l ‘époque il y’avait 20 000 vues je sais pas ou ça en est maintenant mais 4 changements de prod sur le même freestyle, c’était fou. Pour te dire il a mieux découpé une prod que Kendrick Lamar. Après il veut pas trop de la lumière mais c’est bien ça lui tombe dessus quand même. C’est mérité.

Chez Fétourné on termine toujours d’une certaine façon on laisse le temps à l’interviewé de partager les artistes qu’ils sois réalisateurs, MC, ou photographes qu’ils respectent et qu’il veut shoot out pour Lord Esperanza qui seraient ces personnes à mettre en avant ?

C’est marrant j’ai un concept similaire sur insta qui s’apelle «talent caché». Le dernier que j’ai mis en avant c’était Piége le beatmaker qui a fait Audigier mais la j’ai envie de parler de Antoine Chanbon qui fait tout mes visuels, les stories, les sous titres et tout ce travail de fourmis. C’est un tueur. Donc Antoine, Noir Pyramide beaucoup d’amour sur lui vraiment. Il est aussi derriere le Merch et il est névralgique à l’équipe avec Mims et Images eclectic.

Fétourné : Et la deuxième partie qui nous tient à coeur c’est le partage d’un message positif, pour toi ce serait quoi le message à faire passer aux passionné.e.s qui hésitent à se lancer ?

Ça commence par tout ça finit en quer, ça se répète trois fois. « Tout niquer, tout niquer, tout niquer ». Force à vous et croyez en vos rêves. Allez y les gars. Quand j’étais plus jeune j’ai vu des interviews de mecs qui m’ont inspiré et m’ont donné envie de passer au dessus de mes limites. Donc entourez vous les frères et soyez dans le partage.

Merci Lord Esperanza pour ton temps, on te souhaite une bonne dernière et beaucoup de force pour la conception de l’album.

Merci beaucoup la mif on se croise rapidement à la salle Tony Garnier, Incha’allah ! Bisous la mif.

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