FÉTOURNÉ RENCONTRE P-DRO


Non classé / vendredi, janvier 25th, 2019

P- dro jeune rappeur du 94 a sortit récemment son second projet Lillith qui donne suite à sa saison 1 jardin noir. Ce rappeur technique et énergique que l’on a pu voir à la table de la grunt 36 avec entre autre Tengo John Limsa d’aulnay où Eden Dillinger nous parle de son évolution et de ses souhaits pour la saison 3 mais aussi de son collectif YEP et ses beatmakers . Il nous a accordé de son temps pour répondre à nos questions 

Fétourné : Salut P-DRO comment ça va ?

PDRO : Ça va et toi ?

Fétourné : Ça va merci.

Rapper vite ça veut pas dire rapper bien, chez toi, c’est le contraire, débit mitraillette mais surtout débit maitrisé, tu cherches à en faire ton identité ?

PDRO : Mes flows ils viennent naturellement, c’est selon la prod et l’inspiration. Après bien sûr j’ai travaillé. C’est une envie de maîtriser de nombreux flows, une façon de maîtriser mon art. Sur tout les points, le kickage et le chant. Du coup, on m’identifie à un rappeur technique et qui fait souvent des fast flows mais tant mieux ça fait plaisir.

Fétourné : Un début de buzz avec Takashi, un visuel très fort et une technique maitrisée qui ont été le déclencheur pour rassembler une communauté, si tu en parlais un peu plus ?

PDRO : C’était totalement l’effet escompté, sur Jardin Noir on n’a pas fait beaucoup de clips, faute au manque de bif, puis j’étais encore étudiant. On a tout misé sur Takashi, c’était notre porte drapeau et ça a marché. On visait 100 000 vues et au final on en a eu plus. Du coup le projet a pris son envol et m’a donné un autre statut donc que du positif.

Fétourné : C’est fou que ton morceau porte étendard soit sur l’univers des mangas alors que tu dis toi-même dans une autre interview que tu n’aimes pas ça.

PDRO : C’est sûr mais après faut pas faire l’amalgame entre Kakashi et Takashi Murakami qui est un styliste et designer japonais. Après c’est sûr j’ai des références mangas. Mais j’était dans ce mood avec Tengo John qui a tenté de m’initier, en vain, à cette culture. Au final ça m’a amené une communauté fan de manga mais j’ai mis les points sur les I.

Fétourné : Un truc qui me marque c’est tes phases sans censure, t’as jamais eu de soucis avec ton public ? Ou même ton équipe ?

PDRO : Pour l’instant ça va, je pense que j’ai pas encore la notoriété pour, mais non, mon public ça le dérange pas. Après au niveau de mon équipe des fois je sors de la cabine et ils me disent « mais t’es fou toi ». Après je pense que les gens ont assez de recul pour savoir que c’est du second degrés et que c’est de la punchline. Le public m’identifie aussi grâce à ça et me mettre des barrières en me censurant ce serait tuer l’art et c’est pas ce que je veux.

Fétourné : Le chant dans ta musique est plus important sur ce second projet, c’est souhaité dans ton évolution ?

PDRO : Les deux, comme je disais, j’ai l’étiquette du rappeur technique actuellement et ces étiquettes ont tendance à te bloquer dans un genre. J’ai certes des flows kické mais dans la technique surtout dans le rap il y’a aussi le chant. J’avais à cœur de montrer cette palette là, parce-que j’en fais depuis mes débuts. Certes, dans Jardin noir je ne l’ai pas fait, mais c’était une époque où j’avais du venin à cracher, j’avais beaucoup de haine. Là où Lilith a pris plus. Ça m’a permis de réaliser une carte de visite qui fait une bonne suite à Jardin Noir.

Fétourné : On t’a vu récemment brûler le micro de Grünt pour la 36 de Tengo, après deux saisons on peut espérer des feats pour la saison 3 ?

PDRO : Je sais pas c’est une bonne question. Le fait de faire des feats ou pas c’est pas calculé, pour le coup sur Saison 2 le seul feat c’est Pollux. Sur ce son je ne voyais que lui, les feats ça vient naturellement. La musique c’est mon univers j’ai une approche très personnelle et très égoïste. C’est mon exutoire le son, j’imagine vraiment mal quelqu’un rentrer dans mon univers tu vois. Quand je reçois une prod je la découpe, j’arrive à la fin et je me dis attends t’es tout seul dessus. Mais bien sûr je vais faire des feats, après je pense que ce sera plus des collaborations mais c’est sûr que il yen aura.


« l’éternelle bataille entre le bien et le mal »

Lillith


Fétourné : Entre référence biblique avec le titre de l’album ou dans tes textes c’est quoi l’importance que tu accordes à la foi ?

PDRO : Je pense que j’y accorde chaque importance que chaque être humain. Je pense qu’on a tous un moment où on se questionne sur sa foi dans sa vie. Personnellement la foi a toujours eu un impact dans ma vie , j’ai grandis dedans. Sur la saison 2 y’a des événement qui ont remit ma foi en question et c’est ce dont je parle. C’est l’éternelle bataille entre le bien et le mal , c’est le coté schizophrénique entre le bon et le mauvais coté qu’on a. Je m’identifie souvent à Anakin et plus généralement je pense qu’il représente bien l’être humain. Cette dualité entre la lumière et le côté obscur. C’est un peu tout ça que représente Lilith et ça fait aussi un pont vers la saison 3 qui va être dans ce sujet aussi.

Fétourné : 300 textes a peu près pour 13 titres sur 1 an de travail, P-DRO est-ce que tu ne serais pas perfectionniste ?

PDRO : Je pense que je le suis pas trop, enfin je pense qu’on l’est jamais assez . Pour ma part c’est surtout que je respecte beaucoup trop la musique. Je suis passionné , je ne peut pas proposer une œuvre dont je ne suis pas totalement fier . La musique c’est ma bulle , je suis dans mon monde. Je suis le patron de mon art et donc obligé de proposer quelque chose de qualitatif. Je suis pas le genre d’artiste qui va faire beaucoup de projets dans l’année , beaucoup de clips. On partage cette avis dans l’équipe c’est la qualité qui prime avant tout. Si Lilith a pris 1 an c’est qu’on avait à cœur de faire une œuvre et je pense que ça se ressent. Le retour du public fait que la tape est reçu comme un album alors qu’on en est pas encore là. Donc on va bien le défendre et laisser le public le digérer .

Fetourne P-dro


Fétourné : Plus de déception que d’amour envers les femmes, dans Jardin Noir tu veux être lion et la faire lionne, dans Lillith c’est beaucoup plus désabusé. Les femmes sont tes Némésis ou tes muses ,?

PDRO : Je dirais un peu des deux. Dans le sens où dans Lilith je suis désabusé. Mais la saison 2 arrive dans un moment de déception amoureuse, là où dans la saison 1 bien que je parle de la même meuf j’ai envie d’aller loin. Même si y’a des signes qui montrent que c’est chaud. Quand je parle de la femme dans la saison 2 c’est des cas précis et une femme en particulier. Là où on peut trouver des choses plus générales dans ce que je dis c’est sur Galaxy, qui est plus universel. Donc j’émets pas un avis général sur la femme.


« Ça m’as pris autant de temps de faire les 3 interludes que de travailler le projet « 

Fétourné : 3 interludes sur ton projets qui nous font te découvrir mais qui sont aussi de vrais messages qui font réfléchir c’est pas trop dur de faire des interludes qui collent à un projet ?

PDRO : Ça m’as pris autant de temps de faire les 3 interludes que de travailler le projet. Quand je dis qu’on a mis un an à travailler le projet c’est pas que des sons que je parle mais du package complet donc les titres, la cover et l’entièreté du projet. Il fallait que je vive avec ce projet, que je le digère et que je le comprenne pour trouver la direction vers laquelle je voulais l’amener. Au final les interludes sont venues tard. L’idée était là depuis le départ mais fallait qu’elles soient explicatives et qu’elles permettent de comprendre la dimension du projet. Que chaque aspect ait une définition personnelle. Il fallait aussi une morale symbolique qui se rejoignent entre les 3. Cette morale c’est que la clé c’est soi-même.

Fétourné : On remarque un vrai step up sur le projet t’as su tout temporisé et vraiment bravo.

PDRO : Merci beaucoup pour ça. Pour le coup je pense que tu devais te dire que je faisait que des bangers sombres et Lilith a dû te montrer que c’était faux. Du coup je pense que les gens vont avoir d’autres attentes sur la saison 3.

Jardin Noir > Lillith

Fétourné : Plus ouvert sur certain titres de Lillith, tes fans en pensent quoi de côté moins brutal qu’on pouvait trouver sur tous les titres de Jardin Noir ?

PDRO : Sur les retours j’avais peur de la qualité de mon public, dans le sens que je pensais qu’il n’attendrait que des bangers. Au final j’ai été agréablement surpris car ils ont très bien reçu le projet. Mais que ce soit les médias ou les fans et tout le monde a kiffé. La différence entre les deux projets c’est que sur Jardin Noir , TAKASHI était le porte drapeau sur le niveau et sur le nombre de stream avec Schengen et Jardin Noir derrière. Là, sur tout les messages y’a un nouveau son qui apparaît, tout le monde y trouve quelque chose en fonction de ses goûts et son mood.

Je tenais à faire une œuvre avec la-quel tu peux vivre. Que ce soit un projet intemporel, et que dans 3 ans par exemple, tu réécoute et ça n’ait pas vieilli. Ce genre de projet c’est ce qui devient un classique.

Fetourne P-dro

Yep Music

Fétourné : Ton collectif Yep rassemble photographes, équipe de com, réal, c’est quoi l’importance de cette équipe dans ta carrière ?

PDRO : On est un collectif actuellement, après on veut créer notre structure mais oui c’est un collectif actuellement. Après sans YEP, je suis rien. P-DRO c’est un projet de ce collectif. Tout ce travail ça permet de structurer. C’est important de le faire parce que la musique reste un produit à vendre. Chez YEP pour vendre ce projet on se focalise sur la qualité du projet. Que ce soit dans la com où le reste c’est avant tout la qualité du produit. Y’a de tout dans ce collectif. P-DRO c’est un projet parmi tant d’autres. Par exemple je peux intervenir sur la tape d’instrus d’un beatmaker de la bande ou inversement.

Fétourné : T’aimes pousser ceux qui en veulent, preuve en est de Augustin L ton réal sur Schengen et 808, t’as d’autres gars de ton équipe dont t’aimerais parler ? Réalisateur ou beatmaker ?

PDRO : Tous honnêtement. Mais si je dois en pousser un c’est Ze Rookie. Il a beaucoup de prod sur le projet et pour moi il est vitale à ce step up du projet il est sur Saison 2, Red, Death Star, Galaxy, donc tous les gros sons. Mais cette année je vais tout faire pour le mettre en avant, il mérite et il est trop fort.

« Les prods pour moi ça fait 70% du taf. »

Fétourné : Y’a un gros taf de beatmaking sur Lilith t’as combien de beatmaker différent sur ce projet ?

PDRO : On en a 7, pour le coup j’ai une grosse équipe de beatmaker. C’est aussi ce qui m’a pris le plus de temps de trouver les prods. Pour moi ça fait 70% du taf. C’était le vrai défi de Lilith d’allier l’éclectisme dans les sonorités et la cohérence. Les beatmakers ont fait un taf de fou et bravo à eux. Y’a TheScam sur Phantom et Labyrinth, sur 999 y’a Ottotyle beats, y’a Nayrod sur Anakin, TC  Hit Bangerz sur Space et JerzeyBeats sur 100-6 et Takutsubo. J’avais à cœur de varier le beatmaking et de pas me contenter seulement des beatmakers de mon équipe.

Fétourné : Il y’a peu dans une story tu disais avoir déjà quinzaine de morceaux, du coup t’es déjà prêt pour une saison 3 ?

PDRO : Pour le coup je m’entraîne tout de suite. Je veux faire mieux que Lilith. Le projet est fini depuis longtemps. On va dire septembre, octobre pour les master. Donc là je me suis remis au boulot. C’est même pas du taf, c’est ma passion. 2019 on va faire la promo à fond, essayer de faire de la scène aussi, pour le coup on a des sons pour ça donc vraiment c’est l’objectif.

Fétourné : En janvier 2019 on peut te souhaiter quoi pour cette année ?

PDRO : L’idée c’est de changer de statut, de pouvoir glow up et travailler la suite plus sereinement.

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