SEMAINE PNL: Que La Famille, les débuts d’un phénomène


Articles / jeudi, avril 11th, 2019

L’année 2015 a été, en France, une année marquante pour le monde du rap. De nouveaux talents sont apparus sur le devant de la scène tel que SCH, Nekfeu ou encore Niska. Parmi cette nouvelle vague de rappeurs prêts à révolutionner le rap français, un groupe totalement différent émerge : PNL. Loin d’être une référence au sigle de Programmation Neuro-Linguistique, le nom du groupe signifie « Peance’N’Lovés », annonçant déjà leurs valeurs.

Ademo et N.O.S font leur entrée en tant que duo dans le rap game avec un premier EP sorti le 2 mars 2015. Composé de 12 titres, Que La Famille (souvent raccourcis en QLF) amène à plonger dans l’univers et le quotidien des deux rappeurs : la vente de drogue en bas des blocs, la police, les problèmes avec la justice, les rêves brisés. Deux titres sont en featuring sur cet EP, cependant le groupe avait déjà comme politique de ne travailler qu’avec « la famille », notion essentiel pour eux.


J’kiffe voir la misère s’élever, j’me suis fatigué à rêver
J’me repose sur les faits, ouais bientôt j’me refais

Première particularité du groupe : les prods. Allant du morceau dansant avec un petit air de trompette au banger mélangeant trap et cloud rap en passant par des prods plus typiques du rap, PNL manie déjà plusieurs styles. Cette diversité dans les prods est un des plus gros point fort du groupe. Dans certains morceaux, des instruments spécifiques sont mis en avant, apportant un côté ensoleillé au morceau, comme c’est le cas pour le titre Lala, où on peut entendre une trompette presque tout au long du morceau ou encore le titre PNLqui garde un air de piano tout du long.

Cependant, pour d’autres titres, la prod leur permettra d’appuyer le côté grave de leurs paroles et de leur vécu, comme c’est le cas avec le morceau Obligés de prendre, où les deux frères expliquent que la vente de drogue n’est pas un choix pour eux.

Les deux frères mélangent bien souvent différent styles et créés de nouvelles sonorités, inhabituelles alors dans le rap.


Pas là pour perdre, la défaite n’est pas une option, marre d’avoir le sourire à l’envers

Le rap de PNL, c’est surtout et avant tout de l’authenticité, du réel. Pas de mensonges, pas de faux style de « gangsta », bien que Tony Montana soit une référence récurrente. Les deux frères originaires de Tarterêts racontent principalement leur quotidien, celui de deux vendeurs de drogues dans une cité où chacun se voit condamné dès la naissance. Le premier titre du projet est d’ailleurs très explicite : Je vis je visser, comprenez alors que leur vie ne tourne presque qu’autour de leur « activité professionnelle ». Mais ne vous y méprenez pas, ce n’est pas une belle vie de dealer riche que le groupe dépeint. Non, c’est bien une vie de contraintes qu’ils n’ont pas choisi, meilleur moyen pour eux de gagner rapidement de l’argent, comme on le comprend dans le titre Différents.

On peut d’ailleurs également comprendre que leur cité se transforme en leur prison, pour eux comme leur famille de cœur. Dans le titre De la fenêtre au ter-ter, sur lequel ont été invité S-Pion, Illinas et Bizon, ce dernier n’hésite pas à dire que les murs de sa cité sont « pires qu’une maison hantée ».


J’attends mon heure, attends les renforts, égaré du premier kil’ à la dernière ‘teille
Ça charbonne pas pour la passion, igo le but est lucratif

Le titre de l’EP vous a probablement mis sur la piste, mais si ce n’est pas le cas, sachez bien qu’une des priorités des deux rappeurs, si ce n’est la priorité numéro une, c’est leur famille. Et quand on vous parle de famille, ce n’est pas que celle que l’on entend au sens premier, celle à qui nous sommes liés par les liens du sang, mais aussi celle de la rue. Ces personnes avec qu’ils ont grandi, vécus des problèmes en tout genre, ceux sur qui ils pourront toujours compter. Cette idée de « la famille d’abord » peut se voir même directement sur la tracklist ; en effet, notez que les seuls rappeurs que le groupe accepte en featuring, sont en fait des proches des deux garçons. Le projet de N.O.S et Ademo est bien de mettre leur famille à l’abri des embrouilles de la vie et ce à n’importe quel prix, même si ils doivent y laisser la vie.


Quand je vois mon p’tit reuf dormir, j’veux briser le monde
L’avenir des miens au péril du tien, j’dois sortir le monstre

Au fil des morceaux, nombreuses sont les émotions qui s’emparent de votre esprit. Le groupe dégage dans certains morceaux une haine bestiale et viscérale qui vous donnerez des envies de meurtres comme c’est le cas avec Gala Gala ou encore Athéna (morceau sur lequel apparaissent RKM et N’Dirty Deh). Il est aussi possible que vous ayez envie de partir vous fumer un joint au bord d’une plage en écoutant le titre PNL. D’autres titres comme J’comprends pas ou Obligés de prendre peuvent presque nous faire ressentir la douleur que leur inflige la vie au quotidien, cette haine douloureuse qu’ils éprouvent envers le monde.

Le premier EP de ces deux futurs phénomènes du rap a bousculé plus d’un puriste. Un style totalement différent, unique, un univers travaillé et défini, ainsi qu’un but bien précis, c’est comme ça que PNL s’apprête alors à braquer le rap français.

Dans la savane comme Simba
Les traîtres veulent la couronne à Simba
Elle coûte cher la balade à Simba
QLF le bras de la haine porte Simba

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