J.O.S.M.A.N : Perdu entre sa haine et ses peines


Non classé / lundi, juin 3rd, 2019

Le jeune rappeur prodige de sa génération, autrement dit Josman, qui peut être connu aussi sous le diminutif « J.O.S » et le surnom « Jeezy Jeezy Baby », actuellement âgé de 27 ans, n’est pas un nouveau venu dans le rap game et a fait ses premières armes artistiques durant son adolescence. En effet, il rap en solitaire depuis ses « 15 ans », en compagnie de ses plus fidèles amis. Son oreille musicale est d’autant plus développée puisqu’il réalise également ses propres instrumentales. Originaire de la ville de Vierzon, Josman a décidé dès ses 19 ans, de devenir davantage autonome, en quittant sa petite province du Cher pour rejoindre la capitale française, dans l’objectif de se faire un nom dans le domaine musical et de vivre de son art. 

Il a d’abord été un auditeur inconditionnel de RnB et par conséquent ses références en la matière sont : Usher, Alicia Keys ou encore Chris Brown, à titre d’exemples. D’ailleurs, ce genre musical influence la construction de ses morceaux étant donné qu’il privilégie les refrains chantés et surtout entêtants. Puis, au fur et à mesure des années, Josman est devenu amateur de « hip hop afro américain » en écoutant dans un premier temps l’iconique Busta Rhymes et le charismatique Lil Wayne, dont il s’inspire pour son attitude et plus récemment Kendrick Lamar. Ensuite, il s’est mis à écouter du rap français, à savoir les albums classiques de Booba en majorité, tels que « Mauvais œil » de Lunatic ou bien « Temps Mort », auquel il fait référence dans le titre « L’occasion », sur « J.O.$ », lorsqu’il scande : « j’m’endormais sur du Temps Mort ». Sans surprise, Josman utilise également des samples du Duc de Boulogne dans ses sons, notamment l’expression suivante : « Bouche pleine de calomnies » issue de « 3G » dans « À la fin du périple », de la mixtape « Matrix »

Ainsi, Josman est un élève de l’ancienne école, respectueux des techniques de ses modèles prédécesseurs, tout en modernisant celles-ci, comme le sous-entend cette phase, extraite de la première partie de la série musicale intitulée « Fucked Up », présente sur l’EP « Matrix » : « C’est au retour de l’authenticité qu’j’participe ». Effectivement, il a participé à plusieurs concours de rap, en plus d’être « passé par tous les évènements de MCing », ainsi que d’avoir fait « plein d’open mics ». D’ailleurs, il a même été le plus jeune gagnant de la compétition française « End Of The Weak » en 2013. De plus, grâce à son passage remarquable dans l’émission « Master Classe », diffusée sur France 4 en 2014, il se fait remarquer immédiatement par l’un des membres du jury et pas des moindres : Orelsan. En effet, après avoir écouté avec attention les huit mesures, traitant de l’adolescence, de Josman, le rappeur normand reste sans équivoque : « il déchire, il est trop fort » et décèle chez ce MC un don inné : « il y a des rimes, il y a des assonances, il y a du flow ». Ses participations à ces différentes battles lui ont permis d’acquérir des pratiques fondatrices du Hip-Hop, telles que l’improvisation, le freestyle et la spontanéité, entre autres. 

Il peut alors légitiment être caractérisé comme un « kickeur », par l’intermédiaire de ses schémas de rimes, riches en assonances et de son vocabulaire abondant et diversifié, qu’il doit en parti à sa mère, étant donné que celle-ci a incité son fils à étudier en lui enseignant le goût de l’effort et du savoir, depuis sa tendre enfance, comme le prouvent ces paroles, provenant une nouvelle fois du son « L’occasion » : « Eh, merci maman pour le dictionnaire (merci) / T’as été visionnaire, p’t-être que ça m’rendra millionaire » ou dès la première ligne de « Jeune N**** » récemment : « Depuis qu’j’ai stop les grandes études ». C’est donc un artiste à part entière, capable de passer d’un son purement égotrip à un texte plutôt réfléchi, voire même conscient, sur la société. 

Cette qualité lui permet justement de proposer à son public des morceaux éclectiques. Néanmoins, une réserve peut être émise concernant les thématiques exploitées, car ces dernières restent non seulement communes et ont surtout tendances à être redondantes. Cependant, ce léger point péjoratif est à nuancer, puisque les sujets sont interprétés de manière différente, par le biais de flows efficaces et des instrumentales percutantes. 

Effectivement, il est rare de passer à côté de la signature vocale de son beatmaker attitré, c’est-à-dire : « Eazy Dew, pétasse ! », lors de l’écoute des projets de Josman. Avant d’être le partenaire artistique privilégié de Josman, en endossant le rôle de disc jockey sur ses concerts et principalement en composant la majorité des instrumentales, sur lesquelles le rappeur pose ses textes avec talent, en témoigne l’omniprésence de Eazy Dew sur ses deux derniers projets en date, à savoir chronologiquement : « 000$ » et « J.O.$ », le beatmaker est son meilleur ami indéfectible, étant donné qu’ils sont tous les deux natifs de Vierzon.

Il en résulte une complicité et une complémentarité, décelable dans chacun des morceaux, sur lesquels les deux artistes amis sont en collaboration. En effet, Eazy Dew réalise des productions volontairement détériorées, afin d’intensifier et d’être en concordance avec l’univers ténébreux, empli de haine et de mélancolie, mis en place par Josman. De plus, le rappeur est loyal en restant entouré, depuis le début de sa carrière, par la même équipe artistique. Celle-ci comprend également son ami d’enfance Marius Gonzalez, c’est-à-dire le réalisateur à la tête de la plupart de ses clips et de sa communication visuelle en général.

Suite à cette description détaillée du personnage de Josman et de son parcours, à la fois de vie et artistique, il est désormais temps de décrypter la psychologie de cet artiste mystérieux, au travers de l’ensemble de ses projets musicaux, connotant alors trois mixtapes, c’est-à-dire dans l’ordre : « Échecs positifs » sorti en 2015, suivi par « Matrix » un an plus tard, puis « 000$ » paru en 2017, pour enfin aboutir à son premier album studio, en septembre 2018, intitulé « J.O.$ ». Ces œuvres sont souvent plébiscitées dans leur entièreté par le public.

« 1 pour la miff, 2 pour la thune »

Tout d’abord, avant même d’écouter les différents projets de Josman, on comprend que la notion d’argent est primordiale dans son travail, si l’on se réfère uniquement aux titres ainsi qu’aux pochettes des opus. Effectivement, d’ores et déjà l’appellation « 000$ », de sa troisième mixtape, renvoie d’une part, à « l’opulence » et à « l’abondance », en symbolisant des milliers d’euros souhaités, comme le montrent ces paroles provenant du pont de « Biz » : « Il m’faut des zéros sur la te-car » ou bien dans le titre éponyme de l’EP « 000$ », dans lequel il s’amuse à jouer sur le sens et les sonorités des mots : « Il m’faut des euros, (z)euros, (z)euros »

D’autre part, c’est la signification de « la pénurie » et d’un compte en banque vide. Ce paradoxe peut notamment faire écho au titre relativement similaire de son premier album, soit « J.O.$ », puisque que le O prend la forme d’un zéro. Cette vision manichéenne contradictoire est mise en relief par l’oxymore présent dans l’intitulé de son premier EP, à savoir « Échecs positifs ». Il existe donc deux possibilités selon Josman : « partir de zéro ou avoir tout ». De plus, l’omniprésence de la couleur violette sur la cover de « 000$ » connote les billets de 500 euros. Ces derniers sont aussi représentés sur le verso de l’album « J.O.$ ».

JOSMAN MATRIX

Même si l’objectif principal de Josman est de développer ses moyens financiers par le biais de la musique, il n’est tout de même pas prêt à dénaturer et à formater son travail artistique au profit de la radio, en produisant des morceaux mainstream, au format de type single et par inadvertance, avec un contenu lisse adapté. Sa satisfaction personnelle et de son entourage est essentielle car il considère que sa musique est avant tout une discipline artistique, transmettant un message et des émotions, mais en aucun cas un produit à visée commerciale.

Il revendique clairement le fait de se boycotter lui-même, en ne faisant pas « énormément de concessions » et en choisissant d’accorder très rarement des interviews, en raison de son caractère taiseux et de limiter ses collaborations à ses connaissances, comme dit précédemment. Ce n’est pas s’en rappeler l’état d’esprit d’Alpha Wann qui affirme dans « Starsky & Hutch » : « Pas d’featuring, faut pas gaspiller l’eu-f ». Ces deux rappeurs se ressemblent également dans leur style musical, influencé par la culture hip-hop américaine. D’ailleurs, Josman avait émis l’envie d’effectuer un featuring avec Alpha Wann durant une ancienne interview.

C’est pourquoi, il tient à s’émanciper des maisons de disques et des labels de musique traditionnels, en enregistrant directement ses titres dans sa chambre, à l’aide de son simple ordinateur, au lieu d’avoir à disposition un studio. Il bénéficie donc des avantages de l’indépendance, autrement dit : « j’allume mon ordi, je fais ce que je veux sans contraintes et je suis très bien comme ça », en se reportant à ses dires en interview. Cette liberté lui permet ainsi de proposer un rap underground. 

Il préfère alors être fidèle à ses valeurs et à ses nombreuses « convictions personnelles ». En contrepartie, il assume les conséquences, c’est-à-dire :

« il n’y a pas l’accélération de si je vais faire tel morceau pour passer en radio ou tel effort. Moi ça prendra le temps qu’il faudra, je ne suis pas pressé. Je passe des bons moments dans tous les cas, je suis content de ce que je fais, moi ça me va ».

Son éthique est donc en adéquation avec sa définition du succès, à savoir : « je fais ce que j’aime, j’aime ce que je fais et les gens qui m’entourent sont fiers de moi, c’est une grosse victoire déjà ».

En plus d’être un artiste modeste, Josman est principalement un être humain aux désirs simples, qui a conscience qu’ « on est dans une société où on a besoin d’argent pour survivre, mais pas pour vivre ». Il ne cherche absolument pas à jouer au nouveau riche, en renonçant à s’acheter des biens de luxe. Effectivement, la monnaie représente une ressource salvatrice et nécessaire pour José Nzengo, de son vrai nom, étant donné qu’il doit subvenir aux besoins de sa famille, comme l’atteste cette phrase issue de « V&V » : « J’ai ma miff, il faut que j’l’entretienne », dans un premier temps, ses parents. 

Il fait alors allusion, à plusieurs reprises, à la femme à laquelle il doit la vie, au cours de ses différents projets, notamment dans la mixtape « Matrix » avec les titres « Dans le vide » : « J’m’en bats les couilles d’être une star tant qu’j’suis une étoile dans les yeux d’ma mère » et « À la fin du périple » : « J’pense qu’à la daronne, j’veux voir un sourire sur ses pommettes ». Puis, dans le refrain de « Vanille » : « J’aime une femme, une mère et c’est la seule ». Quant à son père, il souhaite qu’il n’ait plus l’espoir utopique de gagner à la loterie, en y jouant pourtant « tous les vendredis » soirs, comme il affirme dans le son « Loto » : « j’veux plus voir mon daron jouer au Loto », en sachant d’avance que « c’est pas en jouant au Loto qu’on va gagner nos vies », pensait-il d’ores et déjà dans « Monnai€ », extrait de « Matrix ». De plus, il prend également en charge le loyer de son « petit frère ».

Par conséquent, Josman ne renie pas ses origines sociales, bien au contraire, il scande dans « Tim€ » : « j’sais d’où j’viens, ce que j’vaux » et revendique, de manière honnête, avoir vécu la misère et d’avoir été contraint de s’adapter, tant bien que mal, à ce milieu modeste. Sa haine peut ainsi être synonyme d’une force intérieure qui le pousse à sortir de sa condition sociale définie et rendre fier son entourage. Josman se sent donc obligé de rentabiliser le temps au mieux pour l’amour des siens et « kifferais prendre un centime par seconde ». Néanmoins, il n’est toujours pas à l’aise avec sa notoriété qui s’accroît de manière exponentielle ces dernières années, puisqu’il confie en interview : « j’ai pas envie que mes parents voient mes clips » et reste inéluctablement « gêné » vis-à-vis de son métier de rappeur. Il n’aspire donc pas à obtenir un statut de personnage public reconnu lorsqu’il dit « vrai négro fuck la fame » dans « DLVrai » et « bats les couilles d’être à l’affiche, le buzz, le buzz et c’qui s’en suit » dans « Jeune N**** », mais espère plutôt rester authentique et que sa musique parle pour lui, auprès de ses supporters. 

D’autre part, d’après l’idéologie de Josman, posséder une importante fortune serait l’unique façon de se faire estimer au sein de la société, actuellement capitaliste et consumériste, comme le prouvent ces paroles provenant de « La Cage (NSM) » : « je sais que l’argent c’est mal mais la société ne respecte que les hommes riches ». C’est pourquoi, il assure « tous les non millionnaires, il faut qu’on redescende ». Tandis que les classes populaires, auxquelles il appartient, sont rejetées et tenues à l’écart.

Les paradis artificiels

Josman puise son inspiration poétique notamment dans les substances illicites, comprenant les joints de cannabis, en se référant au texte du titre introductif de l’album « J.O.$ » : « j’allume un spliff » et la consommation d’alcool avouée dans « Ce soir j’achèterai un flash » : « d’habitude, il est rare que je tise mais c’soir, c’est l’autodestruction que je vise », entre autres. Les drogues désignent aussi un moyen d’évasion et de relaxation à la fin de sa journée, lorsqu’il « rentre le soir éreinté » et « esquinté » à son domicile, il applique donc le dicton « après l’effort, le réconfort ». Le rappeur se délecte également de la gente féminine qui semble posséder des vertus enivrantes, assimilables aux effets des différentes drogues, comme le laisse présager cette phrase de « Mon âme », issu de sa première mixtape : « elle est mon énergie, me donne des ailes comme Red Bull ». En conséquence, les femmes endossent le rôle de ses muses favorites. 

Malgré son attrait pour le plaisir charnel, mis en exergue tout au long du morceau « J’aime bien », comptabilisant d’ailleurs le nombre d’écoute le plus élevé sur la plateforme de streaming Spotify et est produit entièrement par Josman, il met un point d’honneur à respecter les femmes, en chantant des idées féministes, au début du deuxième couplet de « La plaie » : « Les meufs, c’est pas comme autrefois, té-ma c’qu’elles nous laissent entrevoir / Attend, tu sais qu’des femmes sont mortes pour que tu prennes une autre voie ? ».

Il n’avili donc pas l’image de la femme qui n’est pas réduit à ses formes. Au contraire, il n’a pas tendance à se sentir supérieur au sexe opposé et valorise plutôt les femmes intelligentes et naturelles dans « XS » : « j’suis en kiff sur son Q.I » et dans « DLvrai » : « Meuf bien, j’donne le respect », au détriment des filles faciles superficielles et stéréotypées, qu’il évoque à la fois dans « Matrix » : « Fais pas la belle si c’est même pas tes vrais cils » et dans « Fais avec » : « Il m’faut une bombasse thick qui m’astique, pas d’sseufs ni d’eins en plastique (plastique) / Sinon, ça n’a rien d’fantastique » ou encore dans « L’occasion » : « j’suis pas d’ceux qui baisent des p’tites / Sous chirurgie esthétique ».

Sa partenaire idéalisée faire ressortir le meilleur de lui-même, à en croire ces paroles de « J’aime bien » : « J’aime bien c’que tu r’présentes, j’fais des efforts » et une nouvelle fois de « XS » : « Avec elle, j’suis plus mature (yeah) / Avec elle, j’corrige mes ratures ». Il ose alors prôner ses sentiments amoureux et a le mérite d’assumer ses erreurs humaines, en étant prêt à mettre sa fierté masculine de côté, pour mieux s’excuser sincèrement dans « Au bout » de « 000$ » : « désolé si j’te disais pas « j’t’aime » / Au fond, j’sais pas c’que ça r’présente / En vrai, j’ai jamais su, désolé si j’t’ai déçu / C’est vrai qu’j’suis pas parfait / Mais j’ferai mieux si c’était à r’faire », au lieu de vanter seulement sa virilité. On peut donc imaginer un triptyque de chansons d’amours, au fur et à mesure des différents projets de Josman, formé par les morceaux « Mon âme » tout d’abord, puis « Au bout », pour enfin finir en beauté avec « XS ».

Par ailleurs, Josman n’entretient pas toujours un rapport positif avec les stupéfiants, puisqu’il consomme de manière compulsive le cannabis et l’alcool parfois, lorsqu’il est en proie à un mal être profond, le plus souvent tard le soir. En effet, Josman est un artiste accompli talentueux, mais connais en contrepartie certains inconvénients, notamment la sensation d’être différent d’autrui, qu’il met en exergue dans « Un zder, un thé » : « j’me sens pas comme la plupart », en raison de sa réflexion permanente et de sa sensibilité développée, se traduisant par une mélancolie et une anxiété, qu’il aborde dans le son « Matrix » : « j’psychote trop sans mes psychotropes ».

Il préfère ainsi s’« isoler » et se retirer de la société, qu’il va jusqu’à comparer à une « cage », dans laquelle il se sent emprisonné et épié, comme s’il était véritablement plongé au sein du film « Matrix », dans lequel le monde vécu est en réalité une illusion, pouvant être défini par la citation suivante :

« La Matrice est universelle. Elle est omniprésente. Elle est avec nous ici, en ce moment même. Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre, ou lorsque tu allumes la télévision. Elle est le monde, qu’on superpose à ton regard pour t’empêcher de voir la vérité ».

Cette dernière est aussi utilisée en guise d’introduction de « Matrix ». Ce scénario apocalyptique, à l’origine fictif, s’avère être malheureusement de plus en plus réaliste pour Josman, qui proclame dans « La Cage (NSM) » : « On sait seulement c’qu’ils veulent que l’on sache / On fait seulement c’qu’ils veulent que l’on fasse ». La société aurait donc pour objectif de promouvoir la passivité du peuple et de manipuler l’esprit de celui-ci, de manière implicite. Ce n’est pas s’en rappeler le roman prémonitoire de George Orwell, « 1984 » publié en 1948, dans lequel le célèbre personnage de « Big Brother », surveille les moindres faits et gestes des citoyens et portent atteinte à leur vie privée.

Par conséquent, Josman est persuadé que les médias sont capables d’influencer et de changer l’opinion publique, comme il insinue dans « Mauvaises Nouvelles » : « réseaux sociaux, médias vous manipulent ». Il emploiera de nouveau ces mêmes paroles dans « Fais avec ». À cause de sa vision péjorative du monde, illustrée par cette mesure, provenant de « La Plaie » : « ici-bas plus rien n’est merveilleux », qu’il considère en partie injuste et raciste, il accorde sa confiance rarement, puisqu’il ne croit pas en la bonté innée de la race humaine, convaincu que « l’être humain a plein d’vices cachés » et par inadvertance n’extériorise pas facilement ses sentiments, son tempérament introverti est mis en avant dans « Ce soir j’achèterai un flash » : « du mal à dire c’que j’ressens » et prend le risque par la même occasion d’exploser à tout moment, car il émet le besoin viscéral que son « cœur se lâche ». Il aspire à noyer sa déception de la vie en communauté, dans l’alcool et les joints de marijuana, cette idée est exprimée dans « Un zder, un thé » : « j’fume car le monde ne tourne pas rond ». En se refermant autant sur lui-même, il cherche probablement à éviter de se rendre compte de ses propres défauts qu’il reproche aux autres, car il avoue dans l’avant dernière piste de son premier album « contre moi-même, j’suis en clash ».

Conclusion

Finalement, L’expérience artistique de Josman lui a permis, au cours des années, de gagner en professionnalisme et de proposer des projets musicaux davantage structurés, avec un univers cohérent, par l’intermédiaire de textes travaillés. De plus, sa technicité hors pair est mise en exergue par les instrumentales réalisées par Eazy Dew. Josman n’a donc commis aucunes fausses notes jusqu’à présent. Si le compte en banque du rappeur, originaire de Vierzon, était alors véritablement à l’image de son talent, Josman serait certainement millionnaire, comme il espère. Mais ses nombreux efforts qualitatifs finiront par payer tôt ou tard, car « c’est chacun sa place et chacun son tour », pour reprendre les termes de Josman en interview et dans le morceau « Boss », par conséquent conscient de ses capacités et de la notoriété qu’il mérite légitiment, tout en restant néanmoins humble et réaliste.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *