Kamu dans l’IRL De Reliques au Reset


Articles, Interviews / dimanche, juin 9th, 2019

Kamu présente toi, pour ceux qui n’auraient pas écouté Reliques.

Kamu by Eikichio_photo

Moi c’est Kamu, 21 ans , je viens de la banlieue sud. Je fais parti d’un collectif qui s’appelle South Suburb et je vais sortir mon second projet qui s’intitule IRL.

Parle nous un peu de ton projet.

Je fais ça avec mon pote et Beatmaker NJ. Il bosse entre autre avec Sirap et Arsn. C’est un gars que j’ai rencontré via mon école, on a bien déliré ensemble et depuis on collabore. Sur scène, c’est aussi mon DJ. La prod de ‘84 Byakugan est une co-prod avec Sega Ondabeat.

Combien de temps pour la conception du projet ?

J’ai mis 6 mois pour travailler dessus, ça va quand on y pense mais j’ai l’impression que c’était super long. Sur la conception, j’ai 8 tracks mais j’ai fini par jeter la 8ème. C’était beaucoup de travail et de reprises de textes. J’ai travaillé différemment que sur Reliques. Je voulais montrer mon évolution et je suis content de pas m’être trop étalé dans trop de sons.

PRG 751

Si tu devais retenir un morceau, tu choisirais lequel?

Je pense que ce serait Reset mais il y a aussi Épitaphe qui, pour moi, répond bien au morceau Reliques sur mon l’EP précédent.

C’est quoi tes attentes pour le projet?

J’aimerais aussi toucher plus de monde et que les gens se retrouvent dans mes morceaux. Le fait que tu te retrouves dans Reset, pour moi, c’est déjà une victoire. J’aimerais aussi faire de la scène, c’est un autre exercice qui me plait beaucoup.

Le fait de toucher au mix et au mastering avec par exemple ton travail sur le dernier projet de BBiface, ça t’apporte des plus hauts niveaux de compétence et de conception d’un projet?

C’est sûr, quand je travaillais mes sons, que je posais mes couplets, je savais comment je voulais les faire sonner. C’est cool, ça permet de donner la couleur que je veux au projet avec les prods de NJ. C’est un travail en commun aussi grâce à tous ses conseils.

Tu as travaillé sur d’autres projets niveau mix et mastering?

J’ai beaucoup travaillé sur les sons de mon collectif South Suburb, qui sont sortis ou qui vont sortir. J’ai aussi travaillé sur des sons de Torezoa, dont son EP « Rosée Matinale » et ça devrait continuer comme ça. Tout comme la collab avec BBiface. J’aimerais me mettre à la production aussi petit à petit. Je veux pouvoir être à la conception de mes sons de A à Z en dehors des visus pour lesquelles je n’ai pas les compétences.

En parlant de clip pourquoi avoir commencé avec PRG751?

J’avais envie de sortir un son qui, comme pour Reliques à l’époque, sonnait comme une vraie intro. Pour moi, PRG c’est le son qui était le plus annonciateur de l’ambiance du projet et en écoutant la totalité de « IRL », c’était évident qu’il devait être le premier son.

D’ailleurs pourquoi PRG 751?

En fait PRG c’est une abréviation de programme. 751, c’est parce qu’ on habite tout les deux dans un Bâtiment 7 . Le 51, lui, est le numéro de mon appartement. Et si on va plus loin c’est aussi que les thèmes de IRL sont ne serait ce que par les noms des tracks, proches de l’informatique et je parle beaucoup de la société. J’aimais bien cette image un peu informatisée. Puis, le 75 c’est Paris là ou a été conçu le projet, chez NJ. C’était une sorte de point de départ à tout l’EP.

Si tu nous parlais de tes feats?

J’ai Oner qui est rappeur, ingé son et beatmaker qui avait enregistré et mixé mon premier projet. Il a placé pas mal de productions dans le rap, dont BLABLABLA pour 1995. Vu que je faisais ça avec NJ et que je gérais les mix, je voulais quand même qu’il ait une place dans le projet. D’ailleurs, j’ai enregistré Data chez lui. On a aussi enregistré une partie du feat chez lui, dans son studio.
Le second featuring, c’est Dewey, mon backeur et membre de South Suburb, qui était aussi sur Reliques. Là, j’avais envie de changer de l’interlude acapella qu’on avait pu faire et marquer une vraie différence. Puis, lui et moi, humainement comme musicalement, on s’entend très bien donc c’était normal de l’inviter.

Je me demandais, de l’importance de tes références dans la musique, est ce que des fois tu te dis, ok il ou elle est trop fort(e), je dois faire pareil ou mieux ?

Bien sûr, après de moins en moins. Ça donne envie de produire un truc aussi fort, un son qui peut mettre une telle claque aux gens. Ça me motive toujours à me dépasser en tout cas.

Si tu compares les deux projets que tu as réalisé, tu vois comment Reliques comparé à IRL ?

Avec le recul, j’y vois plus les points négatifs que positifs mais je reste quand même fier de Reliques. C’est une évolution normale chez un artiste, je pense. Chaque projet est un reflet d’une partie de ma vie. Ce sont comme des étape et un mode de pensée à un moment donné. Puis, c’était le premier, et l’idée était de dire je faisais un EP pour laisser ma trace parce que j’avais pas envie de faire du son que dans ma chambre. C’était comme un héritage de ma passion. Je dis dans le titre éponyme “ma trace dans ce projet et si j’tiens pas le prochain, prenez tout ce que je donne ici comme des reliques”. C’était aussi une entrée sérieuse dans le monde de la musique.

Là, pour IRL, j’avais des objectifs musicaux que je souhaitais atteindre.

C’est quoi la suite ? Des projets toujours plus réguliers ? Ou une vraie prise de temps avant la suite?

Je pense qu’on va défendre le projet solidement avec le plus de clips possibles puis envoyer des tracks par ci, par là et faire mon bonhomme de chemin. J’aimerais sortir un LP où je pourrais vraiment marquer une évolution réelle de ma musique.

Si on parlait de Reset qui, pour moi, est le single du projet ?

Merci déjà ! Il faut savoir que la prod était un type beat Dadju pour NJ. Ça sonnait très mélancolique mais ça m’a tout de suite parlé. C’est le morceau que j’ai mis le plus de temps à écrire. J’ai tenté des choses et je suis vraiment fier du résultat. De base, ça aurait du être une autre prod que NJ a passé à quelqu’un d’autre. C’est cool que le morceau plaise aux gens qui l’ont écouté.

Ce projet marque aussi une évolution visuelle claire, vu la qualité de PRG 751.

Le clip est réalisé par Rémi Proust, qui s’est également chargé de la cover et de ma tracklist, et d’autres personnes que je remercie. On a mis toute notre énergie dedans et je suis fier du résultat. Le rendu est vraiment propre et les gens se le prennent fort. C’est encourageant pour la suite !

Tu as été stagiaire au Dojo, via ton école. Ça t’a apporté quoi de côtoyer les artistes de la 75e Session ?

C’est super inspirant, ils font de la musique en permanence et tu peux tomber sur n’importe qui. Comme le dit Sheldon, “Je suis au dojo, tout le monde se croise comme à Shibuya”. C’est grâce à lui que j’ai le plus appris en mix et en mastering. Ça m’a beaucoup apporté et j’ai bien level up depuis le jour où j’ai commencé là bas.

Plutôt studio, scène ou écrire ?

Moi, je préfère écrire. C’est ce qui m’a poussé à me mettre au rap. Après, j’ai un certain amour pour la scène. Tu vis ton truc à fond, tu te donnes devant ton public. Pour le studio, c’est un moment plutôt intime. Tu poses tes mots et tu décides de comment sonnera ton morceau. C’est une satisfaction différente de la scène.

Tu t’es mis comment au rap ? Quelles sont tes références actuelles ?

Quand j’étais en sixième avec « L’école des points vitaux » de la Sexion d’Assaut. Avec Torezoa, on s’est mis au rap pour déconner puis la blague est devenue un besoin à partir du milieu – fin du collège. Je pouvais plus me passer d’écrire au bout d’un moment. Puis, j’ai découvert Eminem, 8 Miles, le mouvement rap et je ne me suis pas arrêté.

Sinon en référence actuelle, je me prends beaucoup toute la 75e Session , ODP aussi, Lefa, Isha et, plus généralement, les rappeurs qui ont tendance à aller vers la plume.

Merci de ton temps Kamu et à bientôt du coup pour la suite.

Avec plaisir. On se voit bientôt sur la scène !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *